Noria nous fait découvrir les merveilles de sa tribu !

Sur les pas de son père John Ouetcho, archéologue à l’Institut archéologie de la Nouvelle-Calédonie, Noria nous fait découvrir l’histoire de sa tribu et les nombreuses richesses immatérielles que celle-ci renferme ! Son rêve ? Faire partager au plus grand nombre son amour pour Touaourou.


«Je ne suis pas du tout timide ! » sourit Noria comme par défi. Très à l’aise pour s’exprimer en public, elle connaît les contes et légendes de sa tribu Touaourou sur le bout des doigts. « Ayant grandi à la tribu, ce sont des histoires qui ont bercé mon enfance. Depuis que je suis toute petite, papa me les racontait au coin du feu. Ce qui me plaît, c’est qu’on donne une dimension magique aux phénomènes naturels. » Et avec un père archéologue, les histoires deviennent vite passionnantes !

Aujourd’hui, c’est elle qui reprend le flambeau en les transmettant à son tour. « Papa m’avait parlé de son projet d’organiser des visites pour les touristes et il m’a demandé si je voulais y participer. J’ai tout de suite dit oui ! »

Et le baptême du feu a eu lieu pour les Journées de l’archéologie, les 20 et 21 octobre. Lors de ce week-end, Noria et son père ont emmené la vingtaine de visiteurs sur un barrage de déviation. Mais pour le moment, la jeune fille n’est pas encore très à l’aise avec les données archéologiques et s’appuie sur les connaissances de son père. « Je connaissais l’histoire de ce barrage, je savais que c’était artificiel, même si je ne suis pas tout à fait encore à l’aise avec toute la partie archéologique, mais je suis à bonne école ! » plaisante-t-elle.

Un devoir de transmission

Pour Noria plus qu’un droit, c’est un devoir de faire vivre le patrimoine culturel de ses ancêtres. « C’est notre rôle de transmettre car cela fait partie de notre culture, de notre richesse immatérielle. » Savoir qui l’on est, d’où l’on vient permet selon elle de savoir où l’on va. « On a tous besoin de connaître nos racines pour pouvoir se projeter. Beaucoup de jeunes sont déconnectés de leur culture, après il ne faut pas s’étonner que certains partent en vrille. » Noria se désole que les choses ne sont pas faites pour intéresser davantage les jeunes à leur culture. « On ne met pas assez de choses en place pour rendre la culture traditionnelle attractive à l’heure d’internet et des réseaux sociaux… »

Le passé toujours présent

Noria prend plaisir à faire la visite guidée aux touristes pour les Journées de l’archéologie. « Avec mes cousines et d’autres jeunes de la tribu, on aime bien se balader dans ces lieux mais si on peut les partager avec d’autres, alors tant mieux ! »

Au détour de la presqu’île de Kwé Binyi, son visage s’illumine lorsqu’elle raconte l’histoire que racontaient les vieux sur le crabe violoniste puni pour avoir capturé une jeune fille de la tribu, ou encore celle de cette maman et ses enfants partis de Maré et transformés en pierre parce qu’ils ne sont pas arrivés sur la terre ferme avant le lever du Soleil.

Partir pour mieux revenir…

Actuellement en première année du BTS hôtellerie restauration au lycée Escoffier, Noria projette de voyager pour « découvrir autre chose, me former, parce qu’on s’enrichit au contact d’autres gens.» Mais pour la jeune fille, partir, c’est pour mieux revenir. « J’aimerais plus tard monter une structure touristique à Yaté et contribuer à développer l’économie de Yaté. Il y a du potentiel ici !»

Pour rien au monde, Noria ne voudrait vivre ailleurs. « J’aime bien ici, c’est calme, je suis posée, on a le temps de réfléchir, de prendre du recul. Quand on a grandi à la tribu, c’est comme une drogue, on ne peut pas s’en passer ! »