« Thésardes, vous avez trois minutes ! »

Trois minutes top chrono pour raconter, avec humour et parfois même en chantonnant, son sujet de thèse, fruit de plusieurs années de travail. Un défi relevé la semaine dernière par quatre candidates du côté de l’Université. On y était !


Alors, je vais tout vous résumer. C’est la fable du rat bleu qui « porte aux creux de ses reins de fines bactéries aux formes sinueuses : les leptospires » (berk ! ça avait pourtant l’air presque poétique !). Donc à un moment donné, grâce à des méthodes statistiques et des modèles économétriques, il décide de changer de formation pour devenir papillon piqueur de fruits, mais il se fait flasher à coups de « chromatographie de phase gazeuse à ionisateur de flammes couplé à l’électro anténogramme ». Bam ! Ce qui devait arriver arriva : le héros malheureux de notre fable finit par siroter une petite soupe de plancton des îles Marquises. Voilà ce que j’ai retenu du grand concours « Ma thèse en 180 secondes », version 2018…

Entre le slam, le théâtre et la vulgarisation scientifique

Mais qu’est-ce qui a bien pu motiver nos quatre candidates, thésardes mais pas taiseuses, à se prêter à l’exercice acrobatique de déclamer en trois minutes l’objet d’études qui durent quatre ans ? Pauline : « J’en suis à la troisième année de ma thèse, et j’avais envie de mieux gérer ma voix, ma position et mon rapport à un public. Notre soutenance de thèse aura lieu dans le même amphi… Même si je suppose que ce sera plus logique et moins fun ! »

Emilie, prix du public avec son rat bleu : « Ce sont les entraînements qui m’ont attirée… Et l’envie d’apprendre à gérer mon stress. Ce qui m’a vraiment bien aidée, parce que normalement je stresse un mois avant, et que là ça ne m’a pris que cet aprèm ! »

Lucia : « C’était la dernière occasion pour moi de participer avant ma soutenance, prévue début 2019. Je ne suis pas à l’aise à l’oral, donc cette préparation m’aidait. »

Lise : « Cette année, j’en ai parlé avec mon directeur de thèse et mon encadrant, et au final je me suis dit non, je ne vais pas le faire ! Ils m’ont répondu : si, tu vas le faire ! Ils m’ont fortement poussé, et je ne regrette pas ! »

Tu m’étonnes, que Lise ne regrette pas : c’est elle, qui planche sur la meilleure façon de « piéger » le papillon piqueur de fruits grâce aux odeurs dont il est friand, qui a obtenu les faveurs du jury ! Elle partira à Paris pour représenter la Calédonie parmi les 56 candidats sélectionnés pour les demi-finales du concours. La finale nationale aura lieu en juin à Toulouse, et en septembre Lise participera peut-être en Suisse à la finale internationale francophone… Qui sait jusqu’où ira le papillon piqueur ?