Junior Crew, de passion et de sueur

Les danseurs de la troupe Junior Crew sont dans les starting blocks ! Depuis mi-janvier, ils suivent des ateliers intensifs au Centre culturel de Dumbéa, avec François Lamargot, fondateur de la compagnie XXe tribu, à Paris. Avec ce danseur professionnel, Junior Crew appréhende une nouvelle approche artistique en préparation de la Quinzaine du hip hop.


C’est la reprise ! Après les fêtes et quelques semaines de répit, voilà les membres de Junior Crew d’attaque pour préparer leur nouveau spectacle. Comme les années précédentes, ils sont en résidence au Centre culturel de Dumbéa pour la création. Si certains danseurs sont passés professionnels comme Krilin, Malakie, Galoi ou Abel, d’autres sont sur la voie de la professionnalisation. C’est pourquoi, en amont de la Quinzaine du Hip Hop, la province Sud invite des pointures internationales. Objectif ? Permettre à ces bgirls et bboys d’appréhender d’autres techniques et styles de danses et de se nourrir artistiquement.

Ainsi, pendant les mois qui suivent, trois chorégraphes invités vont se succéder : François, Farid et Nabil. L’idée est de permettre aux danseurs des Junior Crew de travailler avec des professionnels et de monter une création chorégraphique qui sera présentée dans le cadre de la Quinzaine du Hip Hop.

Mélange des genres

Le premier artiste invité de la saison est François Lamargot, fondateur et chorégraphe de la compagnie XXe Tribu, basée à Paris. Depuis plus de dix ans, cette compagnie s’est fait connaître en France et à l’étranger pour son style d’avant-garde, entre hip-hop et contemporain. Mais l’artiste assure être un danseur hétéroclite. « J’ai une dominante break dance car j’ai commencé par-là, mais mes influences sont diverses et vont de la danse classique, à la house dance en passant par la danse traditionnelle africaine »

François Lamargot chorégraphe de la compagnie XXe tribu en en résidence artistique avec Junior Crew au Centre culturel de Dumbéa.

 « No pain no gain » !

François fait répéter inlassablement les danseurs sur le même step pendant une demi-heure. Au programme de la matinée : des appuis de pas de house dance. « Chaque style a un feeling différent par conséquent, le rapport à la danse est aussi différent. » Infatigable et passionné par son art, François est venu leur apporter tout son savoir de la danse, mais aussi « une dimension spectacle et théâtralité ». 

Plusieurs créations dans un spectacle

Le chorégraphe est aussi venu pour monter une création de 20 minutes baptisée « Impromptus » avec Malakie, Galoï et Abel. Cette création fait partie, avec les deux autres créations des artistes invités, du spectacle de clôture de la Quinzaine du Hip Hop cette année. « Il s’agit de raconter une histoire sur le vivre-ensemble où il est question d’écoute des uns avec les autres. Un thème universel qui concerne le monde entier », explique François. Le trio a été créé en deux semaines. Et la rencontre a visiblement matché : « Ils sont hyper curieux et investis. Ce n’était pas évident que cela leur plaise car ce n’est pas du hip-hop traditionnel. Or, ils sont tout de suite rentrés dans mon univers. Donc pour moi, c’est super ! »

 

Deux nouvelles recrues

Kaie, 21 ans

« J’ai commencé avec les Yamaks en 2014. Ensuite, j’ai évolué dans le groupe Saïan breaker crew. A la base, je suis un bboy. J’ai fait une formation de break en 2016 avec un membre de Vagabond crew. Nous les bboys, on n’a pas forcément de technique en danse debout. On est plus dans la force, dans les acrobaties. Les stages comme celui que propose François en hype et house, cela nous donne un plus. »

 

Susie, 21 ans

« J’ai commencé à danser en 2015, lorsque j’étais en terminale. Je prenais des cours de ragga dancehall au Rex. Avec d’autres danseurs du Rex on a monté le crew All dances addict. On a fait pas mal de représentations pour divers événements. En 2017, on a vu que Quentin Rouiller cherchait des danseurs pour le spectacle Humanité. J’avais commencé et puis j’ai dû arrêté quand je suis tombée enceinte. Dans le milieu de la danse urbaine, on se connaît tous, alors quand on a des difficultés, on s’entraide les uns les autres. Certes, ce n’est pas mon style de prédilection, mais avec François et d’autres formateurs comme Quentin Rouiller et Florence Vitrac, on change d’univers tout en restant dans la danse. »