Méliriane, entre élevage ovin et amour de son pays

Méliriane est tout juste rentrée de métropole, où elle a passé un an afin d’y effectuer une licence professionnelle d’agriculture grâce au dispositif Cadre Avenir. Aujourd’hui de retour, cette Calédonienne d’origine souhaite apporter un soutien technique aux éleveurs ovins (moutons, chèvres…) afin de développer cette filière encore peu exploitée sur le territoire.

À 23 ans, la jeune calédonienne originaire de Sarraméa a la tête bien remplie et des objectifs professionnels très précis. Après avoir obtenu son bac STAV (Science et Technologie de l’Agrologie et du Vivant) à Pouembout en 2013, elle poursuit son cursus avec un BTS agricole, en Développement de l’Agriculture en Région Chaude (DARC). L’agriculture est, pour elle, avant tout une passion, ses parents n’étant pas issus de ce milieu. Une fois le BTS en poche, celle qui rêve d’avoir son propre élevage de petits ruminants se retrouve dans une situation où elle n’a plus d’option professionnalisante en Nouvelle-Calédonie.

« Même si j’ai adoré le BTS, il restait très généraliste. Donc au final, quand on sort du BTS on ne sait pas trop quoi faire, on avait des compétences dans un peu tous les domaines, mais souvent, quand les employeurs cherchent des employés ou responsables d’exploitation, c’est pour quelque chose de précis. Cependant, je manquais de financements pour partir en France ou ailleurs pour me spécialiser. Alors, j’ai décidé de travailler afin de gagner de l’argent et me payer un séjour linguistique de deux mois en Nouvelle-Zélande. Puis, j’ai voulu y rester, j’ai pris un visa working holiday et j’ai travaillé quatre mois sur des exploitations agricoles. En Nouvelle-Zélande, j’ai eu l’occasion de faire le tour des métiers de la filière ovine (élevage, tonte, tri de laine, qualité de la laine, etc.), et c’est là que j’ai développé un grand intérêt pour la filière », explique la jeune femme.

 

Cadre Avenir

De retour en Nouvelle-Calédonie, Méliriane est employée à l’UPRA bovine à Bourail pour un an en qualité de technicienne d’élevage. Puis, elle entend parler de Cadre Avenir et son dispositif de financement.

« J’ai monté mon dossier de candidature en expliquant mon projet professionnel : effectuer une licence en Développement et Conseil des Filières Ovines (DCFO) afin de développer et dynamiser cette filière en Nouvelle-Calédonie. »

Sur 400 candidats et quelques mois de travail et d’attente, Méliriane fera partie de la vingtaine de personnes retenues pour une reprise d’étude à l’étranger. Le dispositif prend en charge de nombreux frais, qui vont du billet d’avion, des nuits d’hôtel, une aide au logement à hauteur de 400 euros, ainsi qu’une bourse d’études versée mensuellement permettant aux étudiants de vivre confortablement.

En France, la jeune calédonienne effectue sa licence dans le village de Saint-Afrique en Aveyron ainsi qu’un stage à l’institut de l’élevage à Limoges.

 

Concrètement, avec quelles compétences es-tu revenue, et comment souhaites-tu les mettre à profit ? 

« Chaque poste dans un élevage est interdépendant des autres (alimentation, reproduction, gestion du troupeau, soin aux animaux). Il faut arriver à gérer tous ces pôles grâce à des techniques spécifiques. Ici, les éleveurs n’ont pas forcément les compétences techniques donc à terme cela peut être catastrophique pour une exploitation. C’est donc ce soutien que je souhaite apporter. En réalité, la filière ovine n’est pas assez développée. Probablement du fait de la mentalité broussarde locale, quand on est éleveur ici, on fait du bovin. Sauf que, elle est terminée l’époque où l’on pouvait avoir de grandes propriétés de mille hectares ! Les éleveurs vont devoir s’adapter, car les surfaces deviendront progressivement trop petites. Je pouvais rester en France, mais j’avais vraiment envie de rentrer chez moi, car je sais qu’il y a beaucoup de choses à faire ici. Avant d’avoir ma propre exploitation, je souhaite d’abord trouver un travail et m’assurer un revenu régulier. De plus, seule, cela reste très difficile de faire de l’élevage, ainsi que la prestation d’abattage et la commercialisation. Même s’il y a des solutions, les dispositifs en place doivent également s’adapter à l’élevage des petits ruminants afin, qu’à terme, on en limite l’importation, qui est de 500 tonnes par an. J’en suis donc là, un peu stressée, mais il faut bien se jeter à l’eau à un moment !  » conclut Méliriane, confiante.