Addiction aux écrans : et toi t’en es où ?

Utilisés correctement, les outils numériques sont nos alliés pour apprendre, découvrir, se perfectionner… Le revers de la médaille, c’est l’apparition de nouveaux symptômes inquiétants liés à la consommation excessive du numérique. Les écrans oui mais l’addiction non !


Les outils numériques sont de formidables vecteurs de la connaissance et de l’ouverture d’esprit. Plus besoin de faire le rat de bibliothèque, un clic suffit. Il est loin le temps des télégrammes et autres pigeons voyageurs ! Les nouvelles technologies ont accéléré la communication et modifié notre rapport aux autres, mais aussi à la réalité.

Bien utilisés, les réseaux sociaux peuvent constituer un véritable espace de sociabilisation et d’expérimentation. Mais comme toute chose, ce qui est mauvais, c’est l’excès. Prenons par exemple le chocolat : il contient du magnésium, c’est bon pour la santé et en plus c’est un anti-stress, mais si on engloutit 10 tablettes, même pour un challenge, pas sûr que notre foie apprécie !

De l’utilisation « normale » à l’excès, il n’y a qu’un pas !

Smartphones et tablettes sont constamment dans nos mains, nos sacs et nos poches et même à côté de notre lit pendant qu’on dort ! Nous vérifions notre téléphone portable jusqu’à 30 fois par jour. Cela prend de notre temps et nous tient en éveil. Il faut l’avouer c’est tellement facile d’avoir recours à son téléphone pour rester connecté avec ses proches, ses amis ou ses contacts professionnels.

Selon un médiamétrie, les 16-24 ans passent en moyenne 4h par jour sur leur téléphone portable ! On parle d’addiction quand il y a malaise en l’absence du portable. Le docteur Nicholas Kardaras, psychologue américain, parle carrément « d’héroïne numérique » car les effets sont semblables à de la drogue : sensation de manque incontrôlable, impulsivité et agressivité.

Comme pour la drogue, c’est la dopamine, l’hormone du plaisir qui est en la cause, explique le docteur Gary Small, neurologue américain. « La dopamine surgit dans le cerveau et nous vivons une expérience très agréable. Les gens consultent leur smartphone car ils veulent savoir ce qu’il y a de nouveau, car la nouveauté excite notre cerveau. » C’est elle qui nous pousse sans cesse à revenir sur notre portable. Elle alimente le circuit de la récompense cérébrale. Et les créateurs d’applis le savent très bien : pouce levé (Facebook, Youtube), cœur (Instagram), flamme (Snapchat)… l’obtention de ces « récompenses » provoquent un shoot de dopamine. Recevoir des likes est une source de plaisir, car cela signifie l’approbation de sa communauté.

La dopamine, la molécule qui se cache derrière tous nos comportements inavouables, tous nos désirs les plus secrets…

Un cerveau plus petit !

« Cette année, l’Organisation Mondiale de la santé a ajouté l’addiction aux jeux vidéos à la liste des maladies, souligne Laurence Risso, orthophoniste au centre médico-scolaire de Montravel. La consommation excessive et irraisonnée des outils numériques peut entraîner des effets néfastes sur la santé : troubles du sommeil, problèmes de surpoids à cause du grignotage et du manque de mouvements, et même la myopie (aujourd’hui 30% des 16-24 ans). On constate aussi une chute des résultats scolaires, ainsi qu’une dégradation des relations sociales, car le jeune addict aux écrans a tendance à s’isoler. »

A cela s’ajoute, une incapacité à contrôler le temps passé devant l’écran, un sentiment de déprime loin des écrans et l’absence d’intérêt pour toute autre activité.

 « Des expériences d’imagerie cérébrale montrent que le cortex frontal rétrécit si vous passez trop de temps devant les écrans, » alerte le docteur Kardaras. En gros, on réfléchit moins et le cerveau se rabougrit !

Les règles de base pour une bonne utilisation

Face à ce risque, on se bouge ! Et Tazar te donne quelques règles de base :

  • On évite les écrans dans la chambre
  • On ne regarde pas son téléphone pendant les repas en famille ou avec des amis, pour privilégier le lien social
  • On lâche son téléphone, sa tablette ou son jeu video une demie heure avant d’aller se coucher
  • On calcule combien de temps on reste devant un écran, et on essaie de faire des activités ludiques ou sportives pour entretenir ou créer du lien avec les autres.

Le cerveau a besoin de calme pour penser et mémoriser, alors pense à éteindre ton portable de temps en temps, le monde ne va pas s’écrouler si tu l’abandonnes quelques heures.

Mea Culpa d’un des fondateurs de Facebook :