Quand alcool rime avec violence…

L’abus d’alcool est dangereux pour soi et pour les autres : nos réflexes sont altérés, nous perdons le contrôle de nos actes, certains peuvent devenir violents. Le sujet est d’actualité car le 25 novembre, c’est la journée mondiale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. A cette occasion, Pamela et Kameli nous invitent à la réflexion sur la relation entre alcool et violence.


Quelques instants d’euphorie valent-ils la peine de gâcher nos relations et détruire ceux que nous aimons ? C’est la question que Pamela et Kameli, élèves de terminale ES au lycée du Grand Nouméa posent. Meilleurs amis dans la vie, ils sont également dans la même classe. C’est donc tout naturellement qu’ils ont décidé de former un binôme pour un travail demandé par leur professeure d’EPS, Fabienne Briançon. Ce projet fait partie du programme d’activité physique, sportive et artistique (APSA) de terminale dont la note compte pour le bac.

Ancienne danseuse, Fabienne Briançon a initié ses élèves à l’expression corporelle. « Plus que de la danse au sens académique, l’objectif était surtout de leur donner quelques bases pour exprimer des émotions au travers des mouvements », explique-t-elle. La directive qu’elle leur a donnée : créer une chorégraphie de 2 à 3 minutes qui raconte une histoire.

Un problème de société

Pamela et Kameli n’ont pas la prétention d’être des danseurs. Ils souhaitent seulement évoquer à travers leur création chorégraphique un problème qui touche beaucoup de jeunes. Au cours d’une discussion sur la campagne Zéro Tolérance, les deux lycéens décident de créer une chorégraphie sur le thème de la violence conjugale sur fond d’alcool. « L’alcool est un réel problème chez les jeunes et nous trouvions que c’était l’occasion de sensibiliser la jeunesse à ce fléau, » raconte Kameli. « Nous avons écrit un scénario et nous l’avons mis en mouvement selon notre inspiration, » ajoute Pamela.

L’histoire qu’ils racontent est la suivante : un couple est invité à une fête, au début cela se passe plutôt bien mais plus la soirée avance, plus la femme boit et devient violente vis-à-vis de son conjoint et va jusqu’à le frapper. « Nous avons choisi délibérément que ça soit la femme qui devient violente et non l’inverse, pour changer les stéréotypes. Certes, les hommes victimes de violences conjugales sont minoritaires mais ils existent », précise Kameli.

Un sujet sensible qu’ils veulent dénoncer sans pour autant juger. « On voit autour de nous des jeunes qui tombent dans l’alcool sans prévoir les conséquences que cela peut avoir pour leur famille ou bien leurs amis. On peut détruire sa famille et gâcher des relations amicales et amoureuses », souligne le jeune homme.

Un « pas de deux » sensible et expressif

Pamela et Kameli avaient le trac au moment de la représentation devant la classe. « J’étais un peu stressée surtout à cause du porté ! » se souvient Pamela. Mais dès que les premières notes résonnent, les deux amis se mettent au diapason pour rentrer dans la peau de ce couple qui se déchire. Leur performance et le sens de la chorégraphie séduit leur professeure : « Ils ont tout à fait compris l’exercice qui consiste à raconter une histoire, à donner du sens à leur création, mais aussi à interpréter. »

Au-delà de la performance artistique, Fabienne Briançon retient surtout ce message : « L’alcool n’est pas une solution pour résoudre ses problèmes. Pamela et Kameli ont voulu sensibiliser leurs camarades et montrer l’exemple car ce sont eux, les jeunes d’aujourd’hui, qui seront les adultes de la société de demain. »