[Prends la parole] « Il faut faire davantage confiance aux jeunes ! »

Pas facile de trouver du travail quand t’es jeune, sans expérience, et parfois même sans diplôme ! Pour savoir ce qui empêche l’intégration professionnelle des jeunes, Océanne et Mathieu, les ambassadeurs de Prends la parole dans le cadre de l’enquête jeunesse generation.nc se sont rendus à la maison de quartier de Katiramona.


 « A votre avis, qu’est-ce qui empêche les jeunes de trouver du travail ? » demande Océanne, ambassadrice de Prends la parole, au petit groupe réuni à la maison de quartier de Katiramona. Timides au début, les jeunes se sont vite sentis à l’aise et n’ont pas hésité à s’exprimer librement.

Pour Rabine, c’est un cercle vicieux : « Comme les jeunes n’ont pas de travail, ils n’ont pas de pièces pour prendre le car et comme ils n’ont pas de pièces, alors ils ne peuvent pas trouver du travail. Et bien souvent, ils n’ont pas le permis de conduire, ce qui ajoute une difficulté supplémentaire. » Mais le manque de moyens pour se déplacer n’est la raison principale. Nicolas soulève « une expérience professionnelle insuffisante, l’absence de diplôme, de formation ou encore des lacunes en français qui empêchent de s’exprimer correctement pour se vendre auprès d’un employeur. »

Et ce n’est pas tout, la difficulté à se faire embaucher est selon eux, une conséquence, de la délinquance. « A Saint-Louis, certains ont des diplômes mais n’arrivent pas à trouver du travail à cause de la mauvaise image de leur tribu. » Les effets de bandes ne sont pas sans conséquence non plus, puisque « démotivés, les jeunes se laissent entraîner par de mauvaises fréquentations et peuvent sombrer dans l’alcool, le cannabis et faire des bêtises. »

Mais quand ils ont des diplômes, ce n’est pas facile pour autant. « Les entreprises favorisent les gens qui viennent d’ailleurs, constate, désabusé, Nicolas. On parle d’emploi local, mais ce n’est pas toujours respecté. J’ai des copains diplômés qui ont vu des jeunes venus de l’extérieur embauchés à leur place.»

Des jeunes qui parlent aux jeunes

Face à ce constat, Océanne questionne les jeunes : « Et qu’est-ce que vous proposeriez comme solutions ? » Pour Mathieu, « le système scolaire n’est pas adapté, car il ne favorise pas l’épanouissement des jeunes. Il y a trop de matières théoriques et pas assez de pratique. En Finlande, les enfants peuvent choisir leurs matières et l’on sait que lorsqu’on fait ce qui nous plaît on s’investit davantage. » Dans le petit groupe, une jeune femme ajoute : « On ne donne pas suffisamment d’importance aux jeunes. Bien souvent, on ne leur fait pas confiance. »

Autre aspect abordé lors de cette discussion : les jeunes souhaitent davantage de services de proximité dans les lieux qu’ils fréquentent, loin des bureaux administratifs. Comme les maisons de quartiers avec des permanences, des réunions d’information sur les sujets qui les concernent ainsi que des ateliers d’écriture de lettres de motivation et de CV. L’information sur l’emploi devrait être plus accessible et passer par les moyens modernes de communication comme les réseaux sociaux. Et finalement : « Ce serait bien s’il y avait plus de jeunes en service civique comme vous pour nous accompagner et nous informer sur l’emploi. Des jeunes qui parlent aux jeunes cela nous sensibilise davantage ! »

Mathieu et Océanne, ambassadeurs de Prends la parole à Dumbéa

 

Une nouvelle association voit le jour grâce à « Prends la parole »

Depuis qu’elle est ambassadrice de Prends la parole, Océane s’est rendue compte que les jeunes de sa commune avaient beaucoup d’idées et d’envies. C’est pourquoi, elle a décidé de créer une association pour les aider à réaliser leurs projets. « L’objectif est de valoriser les jeunes de Dumbéa tout en favorisant l’esprit d’initiative. Grâce au cadre associatif, ils peuvent faire connaître leur quartier, leur bande, mettre en place des événements. Ils peuvent montrer qu’ils sont capables de faire des choses bien et qu’on peut leur faire confiance. Ces expériences seront des atouts qu’ils pourront mettre en avant dans leur CV. » L’association a déjà un groupe  sur Facebook. Si ça t’intéresse, contacte : Océanne Willmann