Miss Farah, entre glamour et féminisme

Couronnée miss province Sud lors de l’élection de miss Nouvelle-Calédonie 2018, Farah Bahri, 18 ans, rêve de devenir astrophysicienne. Embarquée dans l’aventure de miss par défi, elle ne s’attendait pas à recevoir un titre. Faisant un pied de nez aux idées reçues, elle nous démontre qu’une miss n’est pas qu’une jolie fille au corps de rêve !


Un corps musclé, un brin garçon manqué, des origines berbère, arabe, kanak, écossaise, irlandaise et bretonne, Farah est le fruit de l’union sacrée entre le feu et la glace. Encouragée par une amie, elle se lance dans l’aventure pour vivre une nouvelle expérience en espérant que cela l’aide à vaincre sa timidité.

Et c’est une véritable expérience qu’elle a vécue ! Lors de la soirée de l’élection, le public ne voit que le résultat, c’est-à-dire les strass, les paillettes et le glamour. Bien souvent, il ne réalise pas tout le travail de préparation en amont « Pour être au top le jour J, nous avons suivi un entraînement soutenu en amont, explique Farah. Entre le sport, l’hygiène de vie et plein d’autres activités, ça a été intense ! »

Un emploi du temps de ministre !

Du lundi au samedi, les candidates avaient tous les soirs un programme réglé comme du papier à musique. « Nous avions des cours pour apprendre à marcher avec des talons de 10 cm et plus. Le sport bien sûr, des cours de coiffure, de communication, de chorégraphie. Sans compter le week-end où parfois nous avions des séances de shooting, » raconte Farah. Mais au-delà de l’élection, ce que la jeune femme retient surtout c’est l’ambiance et l’amitié entre les candidates. « On s’entendait toutes bien, il n’y avait pas un esprit de compétition acharnée. C’était vraiment bon enfant ! »

La jeune fille avoue avoir gagné en confiance en elle, mais aussi en assurance. « Aujourd’hui, j’ose parler à des inconnus sans me sentir gênée. Cette expérience m’a permis de m’émanciper, de découvrir ma féminité et m’a appris à prendre soin de moi. »

Féministe dans l’âme

Pour l’adolescente qui se découvre femme, c’est une nouveauté qui lui fait prendre conscience du regard de la société. « Pour être miss il ne suffit pas d’avoir un physique, souligne-t-elle. Aujourd’hui, les candidates de miss France sont des jeunes filles très diplômées et qui ont des choses à dire et à défendre. En Nouvelle-Calédonie, nous passons aussi des tests de culture générale dont le résultat compte pour l’élection finale. »

Pour Farah, il est aberrant qu’au XXIe siècle, les femmes puissent encore être jugées sur leur apparence : « L’habit ne fait pas le moine. Si une personne a envie de s’habiller sexy, court ou même de façon masculine, de quel droit se permet-on de la critiquer ou de lui coller une étiquette ? On ne peut pas faire de raccourci entre apparence et personnalité. Pour connaître une personne, il faut la fréquenter, l’écouter, la laisser s’exprimer. » Selon Farah, il reste encore beaucoup à faire pour changer les mentalités et créer une société équitable entre hommes et femmes : « Si déjà on pouvait inculquer aux jeunes le respect mutuel… » souligne-t-elle.

Actuellement en première année de physique-chimie à l’UNC, miss province Sud souhaite poursuivre ses études jusqu’au doctorat pour devenir, elle espère, astrophysicienne. « Depuis toujours, je me pose beaucoup de questions sur l’existence et l’univers. En choisissant cette voie, je me dis que je pourrais avoir des pistes, tenter de trouver des réponses ! »