Les bons tuyaux de Jason

Six jeunes de Pothé à Bourail ont travaillé sur la rénovation et l’aménagement des espaces publics de la tribu. L’occasion pour Jason, 27 ans, de se remettre dans le bain professionnel avant d’enchaîner par une formation à l’EFPA (Etablissement de Formation Professionnelle des Adultes) en tuyauterie industrielle. Il revient sur son expérience pour le Taz’ !


Comment as-tu entendu parler du chantier d’insertion ?

Mes grands frères avaient fait le bloc sanitaire en 1978 et la maison commune ici. C’est eux qui m’ont parlé du chantier d’insertion pour la rénovation des équipements. Du coup je suis allé me présenter à Sonia, qui travaille pour la MIJ au village, et j’ai été sélectionné.

Quel a été ton parcours avant ce chantier ?

Je suis sorti de l’école avec un diplôme de CAP/BEP Métallerie au lycée professionnel Champagnat de Païta. Je suis ensuite retourné à la tribu, avant de repartir sur Nouméa travailler grâce à mes deux diplômes. Au bout d’un moment, j’étais fatigué de rester sur la capitale, je ne m’y faisais pas. Je suis revenu ici, avant de partir de nouveau, sur KNS cette fois. Puis j’ai travaillé ici, sur Bourail, comme jardinier pour le Sheraton de Deva. Je suis resté un ou deux ans à enchaîner de temps en temps des petits boulots mais sans vrai travail.

Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté ?

Comme c’est difficile de trouver du taf, j’ai sauté directement sur l’occasion de ce chantier de rénovation qui commençait ! J’avais déjà participé à la construction d’une maison avec mon père qui est bricoleur. Mais ici, c’est plus structuré, on a appris à respecter un certain nombre de normes. En carrelage, en électricité, en peinture… J’ai appris de nouvelles techniques. Ça m’a permis d’approfondir mes connaissances dans le bâtiment. J’aime bien ce secteur. Des artisans sont venus nous encadrer pour le carrelage ou l’électricité. On a aussi appris à bien se répartir le travail en équipe.

Quelle était l’ambiance sur le chantier ?

L’ambiance était net, il y avait une bonne entente. On a aussi fait un petit jardin à côté du bloc sanitaire, dans lequel on a planté des tomates, des salades, des bananiers. C’est une façon de continuer le mode de vie tribal en « bricolant » la terre. Et puis grâce aux mamans qui nous faisaient de bons déjeuners, on se sentait capables de construire un château !

Quels sont tes projets maintenant ?

Dès que j’aurai fini ma formation à l’EFPA (Etablissement de Formation Professionnelle des Adultes) de Bourail en tuyauterie industrielle, je vais me chercher un bon travail, en ouvrant une patente.