[Loin du Caillou] Itinéraire d’un Calédonien à l’université américaine Columbia

Stan Pinçon recevra en mai son diplôme de deux universités prestigieuses : Sciences Po Paris et Columbia University à New York. Mais le jeune Calédonien ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Actuellement à New York, il compte intégrer à la rentrée prochaine une grande école européenne. Un beau parcours qui n’était pourtant pas gagné d’avance… Il nous raconte.


« A cœur vaillant rien d’impossible » pourrait être la devise de Stan Pinçon. A tout juste 21 ans, il sera doublement diplômé de Sciences Po Paris et Columbia University de New York ! La réussite toute tracée d’un bon élève ? Absolument pas. Car la facilité ou le talent ne sont rien sans la volonté et la persévérance !

La chance de Stan, c’est surtout d’avoir rencontré tout au long de sa scolarité des professeurs passionnés qui lui ont donné le goût de l’effort, de la réussite et du dépassement de soi. Doté d’une curiosité insatiable, tout l’intéresse. Aussi, après le bac S obtenu avec mention très bien en 2014, il s’oriente vers Sciences Po. « Cette école m’offre la possibilité de continuer un apprentissage relativement large dans les domaines tels que l’histoire, l’économie, le droit, les sciences politiques ou encore la sociologie. »

Une petite faiblesse en anglais…

Et pour se donner les moyens de réussir l’entrée de Sciences Po Paris, Stan ne ménage pas ses efforts. Il suit la préparation du Greta et du lycée Lapérouse, en plus d’une préparation individuelle.

Mais en arrivant à Paris, c’est le choc des cultures. « Pas facile, que ce soit au niveau scolaire, culturel ou social. Au début, je me sentais dépassé, j’avais l’impression de ne pas avoir le même niveau scolaire que les autres étudiants. » Mais surtout, il était complètement largué en anglais ! « Je pense que j’avais le niveau d’anglais le plus faible du campus » reconnaît-il. Car à Science Po Paris, pratiquement tous les cours  fondamentaux sont dispensés dans la langue de Shakespeare…

Durant les mois suivants, Stan redouble d’effort pour rattraper son retard. « J’ai sacrifié quelques soirées, rien que pour comprendre mes cours ! » Mais, le blocage était apparemment plus psychologique que réel : « Une fois que j’ai réalisé qu’il n’y avait pas de raison que moi, enfant d’Outre-mer, j’ai plus de difficulté que les autres, là j’ai enchaîné les bons résultats.»

Etudes ou sport ? Les deux mon capitaine !

Sur le plan social, ce n’était pas folichon, se souvient-il : « C’était la première fois que je devais m’intégrer dans un environnement où je ne connaissais personne. » Alors, une fois le « retard » scolaire rattrapé, Stan s’empresse de s’inscrire dans les équipes de football et de rugby du campus. « J’ai commencé la pratique du foot au collège avec l’AS Mont-Dore, c’est devenu une véritable passion ! »

Donc pas question d’abandonner le sport, même si les études qu’il a choisies sont intenses. « En deuxième année de Sciences Po, je suis devenu président de l’association sportive du campus. J’ai fait des rencontres formidables et vécu des moments forts en émotions. »  

Sortir de sa zone de confort

Mais le jeune homme aime les défis et après sa deuxième année à Science Po, il tente sa chance à Columbia University. « Cette université américaine est réservée aux meilleurs élèves de Sciences Po et pour moi, c’était une merveilleuse opportunité d’acquérir plus d’expérience : m’exposer à une autre culture, un autre système d’éducation, une autre ambiance universitaire. » Columbia compte grand nombre de Prix Nobel, et ses bibliothèques sont ouvertes 24/24h ! Stan y poursuit sa formation en sciences sociales avec une spécialité en sciences politiques et en business management.

Retour au pays, un jour…

En mai, son double diplôme en poche, Stan tentera l’entrée dans l’une des grandes écoles européennes. Son vœu le plus cher ? Revenir en Calédonie, bien sûr. En attendant, il compte « acquérir un maximum de formation et d’expériences professionnelles. »

L’avenir du pays, Stan y pense sérieusement. Il n’a d’ailleurs pas manqué de voter pour le Référendum en novembre 2018 par procuration. Son souhait pour le pays ? « Quel que soit l’avenir que l’on choisira, ce qui compte, c’est que nous puissions continuer à vivre ensemble, dans le respect de l’autre, malgré les différences. »