Le prince de la salade vit à Bourail

A 35 ans, Nicolas Robelin est un agriculteur bouraillais qui parvient à cultiver de la salade hors-sol en toute saison. Sa réussite ? Il la doit d’abord à son père, certes, qui l’a poussé au début, mais surtout au travail qu’il abat depuis 9 ans. Chapeau !


Sans le savoir, vous avez forcément dû croquer l’une de ses salades vendues dans tout le pays. Au cœur de la Haute-Pouéo, à moins de 10 km de Bourail, Nicolas Robelin partage son temps entre ses légumes et ses vaches, depuis maintenant huit ans. 800 kg de salades par semaine cultivées sur deux hectares de maraîchage d’un côté, et 110 têtes de bétail qui broutent 83 hectares de l’autre.

Autant dire qu’il ne s’ennuie pas Nicolas, du haut de ses 35 ans ! Cet ancien pompiste devenu agriculteur, titulaire d’un BAC Pro CGEA (Conduite et Gestion d’Exploitation Agricole) reprend peu à peu l’exploitation familiale. « Quand je me suis lancé, je ne pouvais pas emprunter parce que je n’avais pas d’expérience. Alors c’est mon père qui m’a installé. Il a pris des crédits pour moi et j’ai travaillé, travaillé, travaillé ! » Avec l’aide précieuse de Vaimoana Fogliani, agent de la direction du Développement Rural de la province Sud, père et fils étudient les temps d’arrosage, les solutions qui pourraient leur permettre d’améliorer les rendements.

 « Et puis un jour, on a essayé les gouttières hydroponiques, une révolution ! » Grâce à cette culture sur des tables situées à un mètre au-dessus du sol et dans lesquelles l’eau est distribuée en circuit fermé, Nicolas Robelin parvient à cultiver jusqu’à 2 000 salades par semaine, en toute saison ! « Le plus dur, dans ce métier, c’est que les prix varient souvent. La salade est aujourd’hui à 200 balles, donc on ne va pas beaucoup gagner. Lundi prochain, elle est à 600. Ça change tout le temps et ça dépend pas de nous… »

Dans ces conditions, difficile de rester zen ! « Avant, quand les prix chutaient, je stressais bêtement parce que je m’inquiétais pour les traites du crédit. Et puis avec le temps, j’ai appris à relativiser. C’est pour ça que, quand le prix d’achat de la salade baisse, ben on lance d’autres productions qui nous permettent de rattraper cette perte. » Squash, courge, concombre vert, aubergine. « Le métier d’agriculteur, il faut le faire par passion, pas pour gagner de l’argent. Et à tous les jeunes qui veulent se lancer, moi je leur dis, c’est un beau métier, mais c’est compliqué de se faire une place. Moi, j’ai fait ma place parce que j’ai réussi à maîtriser la production de salade en toutes saisons. Accrochez-vous, faut rien lâcher ! »

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