Calédoclean : L’importance d’une jeunesse engagée !

Si tu aimes surfer sur les réseaux, tu as sûrement déjà entendu parler de Calédoclean, l’association 100% locale dont la mission première est d’agir pour l’écosystème du caillou ! Leur challenge #mongestepourlaplanete a récemment fait le buzz avec environ 350 participants en un mois et plus de 10 tonnes de déchets ramassés ! Pour en savoir plus sur l’association, le Tazar a rencontré Thibaut, co-fondateur et chargé de mission au sein de Calédoclean !


Raconte-nous l’histoire de Calédoclean ?

Thibaut : Au départ Calédoclean, c’était un petit projet citoyen mené entre amis en 2012. Tout est parti d’une discussion de table sur ce que signifient être un être humain accompli et l’importance de s’impliquer dans des actions bénévoles. Très vite, on s’est rejoint sur une même idée de service qui nous apparaissait simple, accessible mais surtout nécessaire : nettoyer notre île !

La Calédonie offre des paysages magnifiques avec lesquels contrastent des dépotoirs sauvages à ne plus savoir quoi en faire ! C’est une vraie catastrophe et, en tant que jeunes, on ne se voyait pas grandir dans un pays aussi pollué.

On a donc commencé à 5, sans aucune prétention, à ramasser des déchets au bord des routes, et puis progressivement, on a fait évoluer le projet.

Pour commencer, on ne ramassait que les canettes en aluminium qui se revendaient au recyclage à hauteur de 50 francs le kilo. Au bout de quelques mois après avoir ramassé quelques centaines de kilos, on a utilisé l’argent récupéré pour s’acheter des sacs, des gants et c’est comme ça qu’est née l’association !

Comment avez-vous fait pour développer cette association ?

T : C’est resté très modeste au départ et assez peu soutenu sauf par des entreprises privées telle que les entreprises de collecte et de recyclage. Progressivement on a étendu notre zone de nettoyage à tous les endroits qui constituent l’environnement Calédonien : mangroves, îlots, squats, quartiers, tribus, plages… On est allé partout !

En plus de se diversifier au niveau des secteurs, on a aussi réussi à faire des nettoyages de plus en plus importants. De 100 à 200 kilos de déchets ramassés lors de nos premières interventions, on en est désormais à 5 ou 6 tonnes parce qu’on a plus de moyens qu’il soit humain ou technique.

Par exemple aujourd’hui, les entreprises qui nous aident mettent à disposition des bennes, qui nous permettent d’évacuer un maximum de déchets en une seule fois. Mais on ne se contente pas que de dépolluer ! On collecte aussi les matières recyclables afin d’éviter le gaspillage de matières premières et on travaille avec les entreprises locales pour tout recycler !

Sept ans plus tard, ou est-ce que vous en êtes ?

Depuis 2012, je peux facilement dire qu’on a fait plus de 300 nettoyages et collecté plus de 450 tonnes de déchets dont au moins 350 ont été envoyées au recyclage. Mais Calédoclean ce n’est pas que du traitement de déchets ! Dès notre création, on voulait aussi être une force de jeunes bénévoles actifs sur plusieurs fronts et au sein d’autres associations sur le territoire. C’est ainsi que nous avons participé à beaucoup d’autres évènements et projets tels qu’aux chantiers de plantations, d’éradications d’espèces végétales et beaucoup d’autres !

Tout ça, ça nous a permis, d’une part, de rencontrer et tisser des liens avec les acteurs principaux de l’écologie et de la préservation en Nouvelle-Calédonie, mais aussi d’apprendre beaucoup sur un environnement unique afin de pouvoir mieux le préserver et le restaurer.

Aujourd’hui, on a la chance de travailler avec des milliers de personnes et d’être soutenu par de nombreux organismes tels que des entreprises privées, des établissements scolaires (primaire, collège, lycée et université) et des institutions (province Sud, mairie, gouvernement). On travaille avec un gros réseau de partenaires et cela nous permet de sensibiliser une population diverse. Certains bénévoles peuvent nous venir d’écoles, de comités tels que les Miss ou les ambassadeurs JNC ou encore même de la prison ! Tout le monde met la main à la pâte et travaille ensemble à préserver une logique d’écosystème !

Si tu devais nous lister les missions principales de Calédoclean ?

La première, c’est bien entendu la dépollution. On va mener des opérations de nettoiement de l’environnement complet, c’est-à-dire dépolluer la terre, l’eau et l’air qui sont interconnectés.

La deuxième, c’est la plantation, c’est-à-dire la restauration d’espaces naturels dégradés par les feux et l’activité humaine de manière générale. On va donc reboiser et planter des arbres endémiques par milliers pour permettre à l’écosystème de se régénérer. En 2019, nous avons déjà planté 10,000 arbres ! Une mission importante car il faut savoir que 90% des forêts Calédoniennes ont déjà été détruites malgré un taux d’endémisme de 75% ! Il est donc nécessaire de restaurer cet environnement particulier afin de préserver une faune et une flore unique !

À côté de ça, on fait aussi de la préservation. Ça veut dire que l’on va s’assurer de préserver les sites d’invasions biologiques. On conduit donc des opérations d’éradication d’espèces invasives végétales qui consistent à arracher des espèces exotiques envahissantes et à les remplacer par des espèces endémiques.

Notre quatrième mission, c’est que nous sommes porteurs de l’opération Bouchons d’Amour en Nouvelle-Calédonie. Avec SOS Mangrove, on collecte des bouchons en plastiques sur l’ensemble du territoire qu’on trie et qu’on envoie au recyclage. Une partie des bénéfices de ces actions est reversée à un fonds de soutien pour le handicap nous permettant de monter des projets individuels ou en collectif pour venir en aide et améliorer le quotidien des personnes en situation de handicap.

Notre dernière mission, c’est la sensibilisation ! Ça passe par de la communication et des interventions auprès des écoles et des prisons mais aussi auprès des jeunes déscolarisés. Nous prenons aussi des stagiaires en tant qu’organisme de formation, ce qui permet aux jeunes de venir découvrir l’écocitoyenneté, le militantisme, et le bénévolat tout en développant des compétences environnementales auprès de techniciens spécialisés qui travaillent avec nous sur certains projets.

Tout ça, ce sont nos missions principales, mais nous avons aussi beaucoup de missions annexes. Par exemple, on a différentes surfaces potagères, et de manière ponctuelle, nous redistribuons une partie des récoltes aux sans-abri.

Et dans 5 ans, quoi de prévu pour l’association ?

C’est très difficile à dire. Calédoclean, c’était un projet entre potes, très modeste, et qui a évolué de manière rapide ! Nous en sommes les premiers surpris. Dans 5 ans, je pense qu’on aura avancé sur la problématique des déchets car il reste beaucoup à faire pour dépolluer notre île. Nous, on sera toujours là pour la sensibilisation et les interventions sur le terrain. Calédoclean c’est plus qu’une association, c’est un état d’esprit. L’idée c’était de livrer un outil créé par des jeunes pour les jeunes afin d’agir pour notre caillou. Et avec un peu de chance, ça en aura motivé d’autres à se lancer dans une aventure similaire !

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