Lauréna en mode touriste pour redécouvrir son Caillou

Du tourisme oui, mais culturel… donc durable ! A 23 ans, riche d’un CV déjà bien rempli, Lauréna Touyada termine un Master 2 à Toulon, consacré à cette façon alternative d’accueillir nos visiteurs venus du monde entier.


Pour Lauréna Touyada, c’est un périple qui commence par des études en Métropole, et se poursuit par un retour au pays avec une furieuse envie de renouer avec sa culture. « Très tôt je me suis mise à fond dans les études : c’était mon échappatoire, résume la jeune femme. Quand je suis arrivée en France et qu’on me posait certaines questions sur la Nouvelle-Calédonie, j’ai réalisé que je ne pouvais pas y répondre ! En me spécialisant dans le tourisme, c’est l’opportunité pour moi de me reconnecter à mon identité culturelle. »

L’étudiante calédonienne achève cette année un Master 2 en management du tourisme durable, à Toulon dans le Sud de la France. Elle le conclut par un stage de quatre mois au Centre Culturel Tjibaou, obtenu grâce au dispositif VIVALDI qui aide les étudiants en fin de cursus en Métropole, à trouver un stage en province Sud. « Heureusement que ce dispositif existe ! Cela m’a sauvée à la fois financièrement et administrativement ! »

Pour la jeune femme originaire de Pouébo et de Ouégoa mais ayant grandi à Dumbéa, le secteur du tourisme s’est imposé comme une évidence. Après le Bac STMG obtenu au Lycée Dick-Ukeiwë de Koutio en 2013 (spécialité Ressources Humaines), intéressée par la pratique de l’anglais, Lauréna opte pour le BTS Tourisme. En 2016, elle poursuit ses études en licence professionnelle spécialité management et gestion des organisations, à Toulon. L’année suivante elle entame le Master, au bout duquel elle termine major de promo sur 23 élèves !

Devant les falaises de Lekiny à Ouvéa

Le tourisme culturel, c’est tout bénef !

Pour les besoins de son mémoire, Lauréna entame un « tour de Calédonie » où elle visite des petites structures touristiques – respectueuses à la fois des populations locales, de l’environnement et du ressenti des touristes. Première étape : Ouvéa où elle se plaît à jouer la touriste, en interviewant ses hôtes et guides. « C’était la première fois que je me déplaçais toute seule, que je faisais le geste de bonjour puis le geste de remerciement à la famille Boucko, qui m’a chaleureusement accueillie à Banutr… A travers ces expériences j’apprends et ça me permet aussi de me rappeler les valeurs essentielles de la vie. Par exemple j’ai la phobie des requins, et lors d’une excursion il fallait nager au milieu du lagon avec eux. Je ne pensais jamais le faire ! L’attitude du guide m’a vraiment apaisée et permis de surpasser cette peur. Je me suis dit ‘c’est tout bénef ce type de tourisme-là, ça apporte énormément’ ! »

La rencontre entre des savoir-faire locaux et des visiteurs venus parfois de loin (ainsi à Ouvéa, Lauréna a échangé avec un couple en provenance… de Pologne !) est la marque de fabrique de l’accueil chez l’habitant. « Il existe aussi un aspect social au tourisme culturel, ajoute Lauréna. Je pense par exemple à la tribu de Saint-Louis où les jeunes sont très intéressés par les résidences culturelles. Ils ont créé une association et proposent des circuits touristiques pour découvrir le patrimoine historique et naturel de Saint-Louis. Organiser des résidences culturelles permet de déconnecter le jeune de sa vie virtuelle, pour le reconnecter à sa vie culturelle ! Et en même temps de rétablir l’échange perdu entre les générations. »

Tour de Calédonie

Pour son enquête Lauréna compte visiter Thio, Lifou, l’île des Pins, Yaté, avant de terminer son tour de Calédonie par la côte Nord-Est de la Grande Terre. Riche de toutes ces informations, elle reprendra fin juin la direction du sud de la France pour y rédiger son mémoire. Après sa soutenance de master 2 à l’automne, il sera temps pour Lauréna d’envisager la suite. Doctorat en anthropologie sociale et culturelle à Toulon ? Vie active dans le secteur hôtelier sur le Caillou, ou mission à Fidji ? Les perspectives ne manquent pas pour la jeune femme pleine de belles ambitions, confortée par des retours encourageants !


Lauréna tient à remercier sa grand-mère Sébastienne et son oncle Georgy pour leur éducation et plus généralement sa famille, ses amis et son conjoint à qui elle doit sa réussite !