[On en parle sans tabou] Gros ? Et alors !

Ne pas faire partie de la « norme » est une forme de transgression sociale. Mais qui définit cette norme ? L’éducation ? La société ? Un petit enfant ne juge l’apparence physique ni même la couleur de peau d’un autre enfant. Il ne voit qu’un être, différent certes, mais avec qui il peut interagir, jouer et échanger. Alors pourquoi ferions-nous une fois à l’âge adulte ?


Nous sommes tous différents, ce postulat n’est plus à démontrer. Mais les médias, la publicité et la société conditionnent nos opinions. Et leurs influences l’emportent parfois sur notre éducation et dictent nos comportements, notre regard et notre relation à l’autre. D’où viennent ces croyances, ces opinions toutes faites ? Est-ce vraiment les nôtres ?

Une vision « formatée »

C’est vers 7 ans (âge de la raison) qu’un enfant commence à comprendre la notion du bien et du mal, de justice et d’injustice en expérimentant, en observant. C’est à partir de cet âge-là aussi, que telle une éponge il absorbe tout ce qu’il voit et entend. C’est entre 7 et 12 ans que la pensée et les goûts se forment et que les valeurs morales se construisent. Les influences qu’elles soient liées à l’environnement familial ou social impriment durablement notre vision du monde. Un enfant considèrera comme « vrai » ce qui est « communément » accepté par son cercle familial et son milieu culturel. Ainsi, nos goûts, nos aversions, nos a priori sont déterminés par cette « acculturation ».

A l’adolescence, notre opinion est motivée par notre besoin de « se conformer » aux comportements des autres, d’être « comme les autres » pour être accepté et aimé de nos semblables. Faire partie de de la bande, tel est le leitmotiv. Apparaît alors le dénigrement de la différence, celle que nous percevons des autres, ceux qui ne sont pas « comme nous ». La plupart du temps, nous n’avons pas conscience de ce processus. Et il faut avoir un certain esprit critique pour remettre en cause les jugements hâtifs et préjugés car ils n’ont pas de fondements.

Le rôle de la société et des médias…

La première chose que nous voyons chez une personne, c’est son physique. Et cette image détermine bien souvent notre opinion. Injuste quand celle-ci ne va pas au-delà car elle réduit l’autre à son apparence extérieure. Ce jugement est formaté par ce que nous renvoient les médias, les people et autres magazines de mode et validé par l’opinion générale. La comparaison est inéluctable : « Où je me situe par rapport à ce canon de beauté ? »

Miroir mon beau miroir…

A cause de ce « diktat » de la minceur, les personnes rondes voire obèses sont parfois victimes de moqueries et même d’insultes, quand ce n’est pas de rejet purement et simplement. Les propos récents nauséeux du danseur de ballet russe Sergueï Polounine en sont des tristes exemples.

Tout le monde peut grossir ! Dépression, stress, deuil, problèmes de santé peuvent entraîner une prise de poids soudaine. De plus, nous ne sommes pas tous égaux face à la nourriture. Ainsi, certains peuvent ingurgiter tout ce que qu’ils veulent sans prendre un gramme !

Nous ignorons l’histoire et l’état de santé d’une personne en surpoids. L’accuser de manquer de volonté ou affirmer qu’elle est seule responsable de son obésité, c’est gratuit et méchant et cela n’est pas constructif. Il existe tellement d facteurs explicatifs. Quand ces humiliations ne sont pas directes, elles prennent parfois la forme de l’humour. Mais qu’on ne se trompe pas : C’EST de la discrimination !

Aime-toi en premier !

La plupart du temps, ces critiques blessent et entament l’estime de soi des personnes qui en sont victimes. Et peuvent parfois les emmener à la dépression et même pire au suicide. Loin d’être constructif, les comportements de discrimination ne favorisent pas la perte de poids et parfois c’est même l’inverse!

Nous sommes bien plus que notre physique (avantageux ou non d’ailleurs) ! Ce qui nous définit, c’est notre capacité à être bienveillant, sociable, à l’écoute, généreux et empathique.

 

Besoin de conseil et d’écoute ?