Entre Tahiti et Nouméa : les BTS s’exportent !

Deux étudiantes calédoniennes en BTS TPL (Transport et prestations logistiques) parties en avril au Fenua, et trois Tahitiennes venues faire un stage sur le Caillou en octobre. Les lycées professionnels Auguste Escoffier (Nouméa) et Tuianu Le Gayic (Papara à Tahiti) ont entamé un jumelage qui vise à diversifier les horizons des étudiants.


A 23 ans, avec son sens de l’humour affiché, Matamaru se définit comme une « vieille étudiante » ! Elle et ses comparses Sophie (19 ans) et Mihilany (18 ans) se sont récemment plongées dans la réalité du monde du travail calédonien, durant quatre semaines. Les trois étudiantes venues de Tahiti ont entamé en octobre leur deuxième année de BTS par un stage auprès des acteurs du transport et de la logistique en Nouvelle-Calédonie : TPC Services, Aircalin et IES. « C’est bien, ça nous fait gagner en maturité. Mon objectif était d’avoir une expérience hors de la Polynésie française. En retournant chez nous avec cette ligne sur le CV, on espère trouver un travail plus facilement. »

Fret, import-export, transport aérien ou maritime, douanes… Les spécificités partagées par nos îles ne manquent pas. « Il y a simplement un changement géographique qui concerne la clientèle. La clientèle est ici plutôt en provenance de Nouvelle-Zélande, d’Australie et d’Asie ; à Tahiti les clients viennent essentiellement des Etats-Unis, du Japon et de Chine, rappelle Matamaru. Nos deux territoires sont en relation aussi, comme avec le navire de CMA qui part de Californie, descend à Papeete, avant d’arriver à Nouméa. »

Les deux étudiantes calédoniennes (avec les colliers de fleurs) parmi leurs collègues tahitiens à Papara

Jodie, 20 ans, a effectué en avril dernier le chemin inverse, pour un stage chez le transitaire LTP à Tahiti. « J’ai préféré l’ambiance de travail là-bas, elle est meilleure. On se tutoie, c’est chaleureux, on te met tout de suite à l’aise en stage », explique la Calédonienne, visiblement conquise.  

Impressionnantes distances !

Les Tahitiennes Sophie et Mihilany ont, elles, été frappées par les échelles de distances calédoniennes… « On est allées à Thio, pour visiter un peu. Deux heures de route c’était long, on fait le tour de notre île dans le même temps ! » souligne Mihilany. « Je pensais que la Calédonie était comme Tahiti, petit, en fait non : c’est grand… très grand ! » renchérit Sophie.

Outre les multiples connexions culturelles entre nos îles, les étudiantes ont également relevé un certain nombre de similitudes touchant à la jeunesse. Il y a par exemple hélas un taux d’abandon en cours de BTS assez élevé, des deux côtés du Pacifique… Matamaru en fait un cheval de bataille : « Je pense qu’il faut essayer de motiver les futures promotions à tenir et ne pas lâcher : un BTS en deux ans c’est vite fait, et ça permet déjà d’avoir un diplôme. Et je tiens à souligner que s’il y en a qui veulent reprendre les études, ils peuvent. Il faut être motivé, tout donner, s’accrocher ! »

Jodie, Matamaru, Sophie et Mihilany

Pour l’heure, même si l’une d’entre elles avait obtenu une proposition d’embauche en CDD, les étudiantes sont retournées à Papara pour essayer de décrocher leur diplôme. Avec l’éventualité, pourquoi pas, de revenir comme étudiantes sur le Caillou suivre le Bachelor en commerce international à la CCI !