Les challenges sur le Net peuvent (vraiment) tuer

Depuis quelques années, les challenges fleurissent sur les réseaux sociaux. Si certains sont inoffensifs et s’apparentent à un « petit jeu rigolo », d’autres en revanche sont particulièrement dangereux. A vouloir faire comme les autres, on risque malheureusement d’en payer le prix fort. Selon la Gendarmerie, au moins 3 jeunes se seraient donnés la mort en Calédonie à cause des challenges…


Se défier n’est pas un phénomène nouveau mais il prend une tout autre dimension avec le développement du numérique : une diffusion plus large, une audience exponentielle et un nouveau rapport à l’image. Aujourd’hui, tout le monde se filme, se photographie dans les situations de la vie, des plus loufoques aux plus anodines. D’autant plus que la Génération Y (les personnes nées entre 1980-2000) affiche un narcissisme volontiers décomplexé.

La motivation derrière cela, c’est souvent le fait de vouloir « faire comme tout le monde ». Car « c’est cool » et cela donne l’impression d’appartenir à un même groupe. Et derrière un écran, il est parfois plus facile de s’autoriser à faire des choses qu’on ne ferait pas autrement.

C’est quoi un challenge sur réseau social ?

Un challenge est un défi sous forme de photo ou vidéo que le participant poste sur les réseaux sociaux (Facebook, Youtube, WhatsApp, Instagram, Snapchat…) et dans lequel, il tague des contacts (ou pas). De sorte que ces derniers sont directement avertis et appelés à y participer. Les challenges deviennent parfois viraux et mettent en lumière de parfaits inconnus pour de mauvaises raisons la plupart du temps.

Il y a pléthores de challenges sur la toile, mais on peut les classer dans deux catégories : les « inoffensifs » qui sont souvent « rigolos » et parfois utiles, et ceux qu’on peut qualifier de « dangereux ». Ces derniers sont irresponsables, saugrenus voire carrément stupides. Malheureusement, la deuxième catégorie l’emporte en nombre de victimes.

Les « inoffensifs » et solidaires

Le phénomène des challenges sur les réseaux sociaux commence à l’été 2014 avec Ice bucket challenge. Cela consiste à se renverser ou se faire renverser un seau d’eau glacée sur la tête, puis à inviter une ou plusieurs personnes à reproduire ce geste. Le but est de sensibiliser le public à la lutte contre la sclérose latérale amyotrophique (SLA) et de collecter des fonds pour cette maladie car les participants s’engagent à faire un don en faveur de cette cause.

Mannequin challenge est le fait de se filmer en position figée, comme un mannequin sur la chanson Black Beatles de Rae Sremmurd généralement. Ce challenge a fait un carton sur le web, dans les lycées, les clubs sportifs, les entreprises et même à la Maison Blanche ! Le Smart nomination suggère de se filmer en train de distribuer nourriture et boisson à un sans-abris.  Le dernier en date plutôt rigolo est le What the fluff challenge. Cela consiste à faire une blague à son animal de compagnie et à poster ensuite la vidéo sur les réseaux sociaux.

Les « stupides » et « dangereux »

S’il est admis que se défier est un comportement « naturel » dans le but de se dépasser ou de s’améliorer au niveau du sport, ou des examens par exemple. En revanche, il est difficile de comprendre pourquoi certains jeunes mettent leur vie en danger en participant à des « jeux malsains ». Sans doute pour tester leurs limites et faire le buzz sur la toile. Mais franchement, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Et bien souvent, derrière les sourires et les rigolades de façade se cache un véritable mal-être, une fragilité que les jeunes expriment à travers ces challenges.

Le premier de la liste est le Necknomination. Cela consiste à boire un verre d’alcool cul sec et à inviter des contacts à faire de mêmeCe challenge a fait 4 morts en 2014 en Grande-Bretagne et en Irlande. Avec le Fire challenge on passe à un degré de stupidité supérieur car le participant se filme en train de s’enflamme une partie du corps ! Carton rouge aussi pour le Balconing challenge : le fait d’escalader des balcons et le Ice and salt challenge : tenir le plus longtemps avec du sel et un glaçon sur la peau, ce qui provoque des brûlures. Tout aussi débile, le Hot Water Challenge qui comme son nom l’indique consiste à se jeter de l’eau bouillante sur soi ou sur une autre personne.

Et pour ceux qui veulent montrer ô combien ils sont trèèèès minces, il y a A4 waist challenge. Ce défi consiste à tenir une feuille de papier A4 devant son ventre sans qu’un bout de peau ne dépasse. A ce stade, c’est de l’anorexie, qui est une maladie. Le Tids pods challenge propose d’avaler une pastille de lessive. Ce qui n’est pas l’idée la plus lumineuse à faire car la lessive contient des substances toxiques qui peuvent être mortelles.

Tout récemment, un nouveau défi dangereux a vu le jour sur les réseaux sociaux : In my feelings challenge, inspiré du titre de la chanson du chanteur Drake. Cela consiste à descendre d’une voiture en marche et à se filmer en train de danser au milieu de la route, portière ouverte.

Le plus glauque : Le Blue Whale Challenge

Apparu pour la première fois sur le réseau social russe en 2015, il s’est ensuite popularisé sur Facebook. Il tire son nom d’une légende d’après laquelle la baleine serait capable de se suicider en s’échouant volontairement sur une plage.

Ce challenge de 50 jours, au rythme d’un défi par jour, est une préparation mentale et physique pour aboutir au suicide le dernier jour. Ce jeu malsain attire des adolescents dépressifs qui souhaitent se donner la mort mais n’ont pas la motivation. Le Blue Whale Challenge a déjà fait des centaines de victimes à travers le monde…

Choisis la vie comme défi !

Il n’y a rien d’amusant, ni même de reluisant à relever ces défis. Tu peux te blesser et risquer de perdre les personnes que tu aimes. Chaque événement triste ou expérience douloureuse te fait grandir, t’apprend des choses sur toi-même et te prépare à vivre autre chose. Au fond, le seul défi est la vie et c’est en s’aimant soi-même qu’on se donne la chance de faire de sa vie un rêve !

Besoin d’être écouté ?

Parce qu’il n’est pas toujours facile de trouver des mots à ses maux. Et parce que l’entourage familial ou amical n’est parfois pas le mieux placé pour aider ou répondre aux questions. Le Centre d’Accueil et de Soins pour Adolescents (Casado) t’écoute et répond aux problématiques liées à l’adolescence. Contact : 18, rue Dezarnaulds, Colline aux oiseaux, Centre-Ville, Nouméa – Tel : 25 52 33.
Au PEPs, Permanences d’Écoute Psychologique, aucun sujet n’est tabou. Difficultés familiales, problème de communication avec les parents, conflit avec sa ou son petit(e) ami(e), questions sur la drogue, l’alcool, tristesse soudaine… tu peux parler de tout. Clique ici pour connaître toutes les permanences en province Sud.