[Loin du Caillou] La petite robe de Jordan fait sensation !

Il était une fois, un jeune homme qui rêvait de devenir créateur de mode mais n’aimait pas dessiner… Qu’à cela ne tienne ! Aujourd’hui, à 26 ans, il possède sa propre marque de vêtement. Ce garçon s’appelle Jordan Herry et il a remporté le prix du créateur à l’élection de Miss Nouvelle-Calédonie 2018. Voici l’histoire d’une petite robe qui a tout d’une grande !


Le soir de l’élection de Miss Nouvelle-Calédonie 2018, Jordan se trouve à 22 000 km de Nouméa. Il rentre du sport et s’installe devant Facebook pour un direct sur la chaîne Caledonia. Et là tout va très vite ! Les candidates sont déjà à leur deuxième passage sur scène. Shérylie, est la dernière à passer. La candidate numéro 10 porte sa création. Une fierté pour ce jeune Calédonien expatrié à Tours qui s’est donné beaucoup du mal pour trouver une idée originale et réaliser à distance une robe de gala.

Tout à distance !

Les consignes données par le comité du concours créateur pour l’élection de Miss Nouvelle-Calédonie sont claires : la robe doit représenter toutes les ethnies et le métissage de la Nouvelle-Calédonie. « Je suis partie en ’’live’’ dans mes recherches, se souvient le jeune styliste. Mettre une référence physique par ethnie risquait de rendre la robe trop chargée et cela aurait fait un peu carnaval ». C’est alors qu’il a l’idée d’imprimer sur un seul tissu toutes les références culturelles et ethniques du Caillou.

Jordan met ses parents et amis à contribution. « Je leur ai demandé de m’envoyer des matériaux locaux : coquillages, perles, tapas, pandanus. » Il s’attèle à la création du patron pour que la robe s’ajuste parfaitement à la candidate dont il ne dispose que des mensurations. « Heureusement, à l’essayage tout allait bien, rien à retoucher ! » souffle Jordan. Le soir de l’élection, Shérylie joue le jeu et met sa création en valeur. Le suspens est de courte de courte durée, on annonce le gagnant. Son nom est prononcé. « Je crie et saute de joie ! J’étais surpris mais trop content ! »

Jordan en séance de travail sur le tissu imprimé qu’il a fait confectionner en Nouvelle-Calédonie.

Un esthète avant tout

Cette récompense a le goût de la victoire pour Jordan qui partait avec un petit désavantage à la base : « Je ne savais pas dessiner, je n’aimais pas ça… » avoue-t-il. Attiré par « le beau », il hésite longtemps entre l’architecture et la décoration intérieure, mais opte finalement pour le stylisme. Après un bac STI Génie Civil au lycée Jules Garnier, Jordan intègre l’école d’art, mode et design, le Raffles college, à Sydney. Six mois plus tard, il en sort diplômé avec un anglais parfait, et des notions en art et dessins ! Il décide alors de rentrer à l’Atelier Chardon Savard à Nantes, qui propose une spécialisation en accessoires de mode. Une fois dans l’école de son choix, tout n’a pas été simple pour autant : « Il y avait beaucoup de dessins (sa bête noire), j’en pouvais plus ! Je ne me sentais pas à ma place. »

Après avoir travaillé un an pour la maison de couture On aura tout vu, Jordan s’installe à Tours et se concentre sur le développement de sa marque Jordan Herry et lance sa ligne de sac à main. Même si le Caillou lui manque, le styliste avoue que pour l’instant ses ambitions professionnelles le retiennent en Métropole. « Une fois que j’aurais fait mes preuves en France, j’espère pouvoir revenir et créer des événements en Nouvelle-Calédonie ! »

Shérylie porte la robe réalisée par Jordan le soir de l’élection de Miss Nouvelle-Calédonie.

 

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