4 trucs à savoir sur la roussette, pour briller en société

Il se planque pour les guetter, attend la tombée de la nuit pour les voir… Non, Malik Oedin ne destine pas les roussettes au civet ou à un bougna ! Le doctorant de 27 ans a sorti les jumelles pour sa thèse qui consiste à améliorer nos connaissances sur cet animal emblématique de chez nous, afin de mieux le protéger. En exclu pour le Tazar, il nous dresse le portrait-robot de la roussette !


Elle est LE mammifère calédonien

En Nouvelle-Calédonie, les seuls mammifères terrestres indigènes (= non introduits) sont les chauves-souris. En tout, on compte ici neuf espèces : quatre espèces de roussettes, dont trois endémiques, et cinq espèces de petites chauve-souris (dont trois sont aussi endémiques). Le truc à savoir ? Il n’y a que deux espèces de roussettes « à queue » dans le monde : une en Nouvelle-Calédonie, l’autre à Fidji et au Vanuatu.

Elle prend son temps

Les roussettes sont des animaux fragiles avec une croissance démographique lente : elles font un petit par an, pas avant l’âge de trois ans. Heureusement, elles peuvent vivre plus de 12 ans ! Cependant les impacts liés à l’Homme menacent leur dynamique de population.

Elle fait de la coloc et a plusieurs adresses

Des études menées avec des balises GPS ont démontré que les roussettes vivent à plusieurs et n’utilisaient pas un, mais plusieurs nids, qu’elles occupent en fonction du moment de l’année. Elles se déplacent en suivant les ressources alimentaires disponibles, par exemple les floraisons de niaoulis et d’érythrines.

Elle plante des arbres !

Un des rôles importants des roussettes auquel on ne pense pas forcément, concerne la dispersion des graines et la pollinisation de certaines plantes, comme les abeilles et les papillons ! Certaines graines de taille imposante ne pouvant pas être transportées par les oiseaux, ne sont disséminées que par des roussettes, notamment certains palmiers.


Malik étudie l’impact de la chasse et des chats harets (c’est-à-dire des chats autrefois domestiques, retournés à l’état sauvage) sur les populations de roussettes. Pour son master effectué à Poitiers, il avait obtenu en 2016 un prix d’excellence de la province Sud ; puis, il a bénéficié d’un Prix d’Encouragement à la Recherche de la province Sud. En début d’année il a participé à sa première conférence internationale à Sydney, organisée par l’Australasian Bat Society…