Vincent Pigeot, itinéraire d’un apprenti cinéaste

Il s’est intéressé très tôt aux effets spéciaux, mais c’est sur la caméra qu’il a jeté son dévolu ! Rencontre avec Vincent Pigeot, l’un des plus jeunes réalisateurs à avoir présenté un court-métrage au festival du Cinéma de La Foa cette année. Et en plus, il en est reparti samedi avec le Nautile d’or BNC dans la catégorie Jeunes Talents !

(mis à jour le 09/07/18)


« Je veux avant tout créer une émotion. Je pense qu’à travers elle, le spectateur va s’intéresser et s’imprégner de ce qu’on fait, il va même en tirer des valeurs, une morale… » Le jeune homme, en terminale ES au Lycée Lapérouse, avoue volontiers avoir un « côté idéaliste » qui l’incite à prendre son temps – et donc à ne pas multiplier les projets ! Cette année, c’était pourtant pour Vincent, 18 ans tout juste, la dernière occasion pour présenter un court-métrage dans le cadre du concours BNC Jeunes Talents. Cette compétition du Festival du Cinéma de La Foa, est en effet réservée aux établissements scolaires et aux mineurs.

Son film Châtiée d’avoir aimé évoque le quotidien d’une adolescente qui vit la douloureuse prise de conscience de son homosexualité, et le regard intolérant de certains camarades. « Une de mes amies écrit des nouvelles et a même remporté un prix pour l’une d’entre elles, il y a quelques mois. Son idée m’a intéressé car elle laissait beaucoup de possibilités sur les aspects psychologiques. Nous avons donc co-écrit le scénario. » Ensuite, place à la débrouille : recruter les potes pour faire une équipe d’acteurs, essayer de les « gérer », eux et leurs emplois du temps en même temps que toutes les contraintes techniques, notamment la galère du son ! Vincent a connu un baptême du feu, éprouvant jusqu’au dernier moment (il a terminé son film la veille de la date limite), mais très enrichissant.

Le virus du cinéma ne date pas d’hier pour le lycéen. Ces dernières années, il a déjà participé au dispositif Courts contre la montre ou à des ateliers au Château Hagen consacrés aux nombreux métiers du cinéma. « La Calédonie, ce sont les meilleures années de ma vie, sourit celui qui est arrivé de Métropole avec ses parents en 2015. Si je n’avais pas été ici, je doute que j’aurais réalisé un court-métrage aussi poussé ou participé à un festival. Et puis ici, tout donne envie de tourner un film : le beau temps, l’environnement, les gens ! » Il a également rejoint un temps le groupe CVUP avec Esteban, au moment des premières ébauches du projet 913 street – qui hélas est toujours au stade du… projet !

Faire de la réalisation son métier ? Vincent n’y songe pas pour le moment. Il envisage plutôt des études en politique. Pour autant, pas question de lâcher cette passion transmise dès l’enfance par son père. Même si l’échéance du bac approche et s’impose comme une priorité, Vincent s’est lancé dans l’écriture d’un nouveau scénario… The show must go on !