Manon et la passion des pierres précieuses : Des terres de Tanzanie à la couronne de Miss Nouvelle-Calédonie

Manon est artiste joaillier ; un métier peu connu et souvent confondu avec celui de bijoutier. Après quelques années passées à l’étranger pour se former, elle est de retour sur le caillou. Son dernier gros projet en date ? Créer la couronne de Miss Nouvelle-Calédonie 2019 !

Les premiers pas …

D’abord intéressée par des études de volcanologue et le métier de technicienne de terrain, Manon intègre la fac de géologie sur Nouméa après le lycée. Très vite, elle se rend compte que ce cursus ne lui plaît pas.

Elle prend alors une année sabbatique et découvre par un heureux hasard la gemmologie : la science des gemmes et des pierres précieuses.

Motivée par cette nouvelle passion, elle s’envole pour le Canada et replonge dans les études à l’EGM (l’École de Gemmologie de Montréal), en cours intensif. Six mois et deux diplômes en poche plus tard, Manon décide de continuer à se former dans d’autres domaines tels que l’évaluation de la qualité de perles, diamants et pierres.

Elle revient ensuite en Nouvelle-Calédonie ou elle travaille pendant quelque temps jusqu’à rencontrer un négociant en pierres fines et précieuses* de passage sur le caillou qu’elle suit en France afin de travailler à ses côtés. Là-bas, elle assiste à des salons à l’International, rencontre des fournisseurs et des spécialistes, mais pas que !

« Cette expérience m’a aussi aidé à comprendre comment gérer une entreprise de ce type. La comptabilité, la gestion du stock, savoir prendre en photo des pierres ou encore les évaluer correctement et connaître les prix du marché. Il y a tellement de choses à prendre en compte. J’ai vraiment beaucoup appris ! »

Mais à force de voir autant de magnifiques pierres passer sous ses yeux, Manon est vite prise d’une nouvelle envie ; celle de pouvoir monter elle-même ces pierres en bijoux.

Sans attendre, elle réattaque les études à l’ISD (Institut Supérieur de Décoration) à Longwy, en France, pour 3 ans de CAP.

Aux quatre coins du monde…

Depuis toute petite déjà, Manon voyage beaucoup grâce à ses parents et leur goût de l’aventure. Une passion qui ne l’a pas quittée et qui s’accorde parfaitement avec son métier.

Dans le cadre de ses études à l’EGM, elle a notamment la chance de partir en Tanzanie, puis en Birmanie.

« L’EGM organise beaucoup de voyages, et j’ai participé à deux d’entre eux », se rappelle Manon, « En Tanzanie d’abord ou nous avons pu visiter la seule mine de Tanzanite au monde ainsi que deux mines de diamants. Pour le second voyage, nous sommes partis en Birmanie dans la fameuse vallée de Mogok, qui n’est pas toujours ouverte au public, mais qui, par chance, l’était cette année. Nous avons visité plusieurs sites afin d’observer le travail d’extraction de pierres telles que le saphir ! Nous avons aussi eu l’opportunité de tamiser dans la rivière avec les locaux pour trouver des pierres. Une sacrée expérience ! »

Aujourd’hui encore après être revenue s’installer en Nouvelle-Calédonie et avoir lancé sa propre marque de bijoux « Iriatai », Manon continue de voyager afin de dénicher les plus belles pierres. Chaque année, elle se rend à Tucson, aux États-Unis et assiste au plus grand salon de vente de pierres.

Ethawan* : La couronne de Miss Nouvelle-Calédonie.

Pour se faire connaître, il faut se montrer !

C’est pourquoi, Manon assiste à tous les salons et marchés lui permettant de présenter son travail. Et c’est ainsi que commence pour elle la grande aventure Miss Nouvelle-Calédonie !

« J’avais contacté le Comité afin de leur proposer un partenariat. Après une rencontre plutôt réussie lors des marchés de Noël, ils m’ont proposé de créer la couronne de Miss Nouvelle-Calédonie 2019 ! »

Manon accepte le challenge sans hésitation malgré le fait de n’avoir jamais travaillé sur ce genre de pièce auparavant. S’ensuivent de nombreuses propositions de croquis, débats et réajustements de dernière minute jusqu’à ce que Manon et le comité ne se rejoignent sur une idée !

Manon est alors rejointe par Justine, une amie sertisseuse* et démarre la création de la couronne. Ne pouvant travailler à deux en même temps sur la couronne, il leur faudra environ deux semaines de travail, à tour de rôle, afin d’obtenir le résultat final : Ethawan.

« Ethawan est une création aux accents locaux avec un effet terre/mer qui rappelle la Nouvelle-Calédonie, nous explique Manon. Le bas de la couronne est inspiré par les vanneries mélanésiennes qui, mélangées avec le bois rappellent la Terre. La partie supérieure, avec ses courbes et son pavage de zirconium blanc représente les vagues. Pour accentuer l’idée de la mer, nous avons utilisé une serpentine bleutée pour finir la pièce.

Pour découvrir l’univers d’Iriatai et les nombreuses autres œuvres de Manon, c’est par ici. :

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Le savais-tu ? La différence entre artisan joaillier et bijoutier !

Un bijoutier, de base, n’est censé travailler que le métal. Une bague en argent simple par exemple relève du domaine de la bijouterie. Dès qu’on y rajoute de la pierre, cela devient de la joaillerie.

Il existe aussi de la haute joaillerie ! Dans ce domaine-là, les artisans travaillent avec des pierres précieuses bien plus rares et chères, et sur des pièces plus complexes et souvent uniques.

 


Lexique :

Négociant : Une personne dont le métier consiste à l’achat et revente de pierres aux privés et professionnels. Un négociant achète le plus possible à la source dans les pays producteurs.

Sertisseuse : Une personne dont le métier consiste à fixer une ou plusieurs pierres précieuses sur un bijou.

Iriatai : Le nom choisi par Manon pour sa marque. Ce mot signifie « horizon » en polynésien et veut symboliser cette rencontre ouverte et infinie sur le monde en offrant des œuvres originales inspirées des arts océaniens.

Ethawan : Le nom choisi pour la couronne. Ce mot signifie partage en Nengone.

 

Crédit photo : Gwendoline Imbert