Wonder Woman habite à Nouméa !

La passion du cosplay, sous le feu des projecteurs mais aussi côté coulisses… À 28 ans Victoria, factrice dans la « vraie vie », profite de ses week-ends pour peaufiner des armures qui lui donnent parfois du fil à retordre !


Début novembre, lors de la convention Supanova à Adelaïde en Australie, une Wonder Woman venue de Nouméa remporte le « prix du craftmanship » (qu’on peut traduire par « savoir-faire ») ! Le jury est habitué à voir défiler des créatures déjantées, échappées d’univers parallèles : il s’agit en effet d’un concours cosplay auquel Victoria participait, pour son premier voyage chez les Aussies.

Tombée dans la marmite des mangas, animes et jeux vidéos dès sa plus tendre enfance, la jeune fille est entraînée par des cousins adeptes de déguisements. Elle entre peu à peu dans la peau de ses personnages préférés lors des fêtes de fin d’année du collège ou Halloween… « J’ai toujours eu ce souci du détail pour être au plus proche du personnage, et ne pas simplement lui ‘ressembler’ ! C’est pour ça que j’ai commencé à faire mes cosplay moi-même, » explique-t-elle.

 

La couture non, le worbla oui !

En 2012, après le bac, son intérêt pour la culture nippone la pousse à partir un an à Kyoto pour y apprendre les bases du japonais. Deux ans plus tard elle se lance pour la première fois, toute seule, dans la confection d’un costume de A à Z. Problème : Victoria déteste coudre ! Elle découvre alors l’existence du worbla… Koissa ? Un thermoplastique dont on travaille la forme avec une simple paire de ciseaux, puis que l’on chauffe ! Pour créer sa version d’Erza Scarlett, Victoria mettra environ huit mois. Pas tout à fait convaincue par le résultat, mais encouragée par son entourage, elle enchaîne les tutos sur Youtube et pratique dans son coin…

La bricoleuse se sert de pièces en mousse pour donner du volume aux pièces, d’un décapeur thermique pour travailler le worbla (attention, très chaud !), puis d’un dremel pour poncer et affiner. Enfin vient l’étape de la peinture : après avoir passé un premier enduit, Victoria a carrément choisi de se fournir en peinture chez un distributeur… pour carrosseries de voiture ! « À chaque cosplay tu réduis ton temps de création, parce que tu apprends et tu acquiers de nouvelles techniques ». Pour sa parure de Wonder Woman, 5 mois ½ lui ont été nécessaires. Pour celle de la princesse Kida qui suivra, 3 mois, même si pour ce costume elle utilise de la résine et des LEDs pour la première fois.

Devenues familières des visiteurs des week-ends geek, festivals manga et autres évènements, les apparitions de Victoria sont remarquées au-delà du Caillou. Les photos de ses réalisations postées sur les réseaux sociaux sont reprises par des pages spécialisées en cosplay. De quoi donner à notre « cosplayeuse » une aura internationale.

« Cosplay signifie ‘costume play’, tu joues le personnage. Tu t’amuses, que ce soit pour des séances photos ou des mises en scène avec tes amis… Le cosplay doit aider les gens qui sont un peu timides, qui ont du mal à sortir de leur bulle », résume Victoria avec un sourire. Pour 2019, Victoria envisage l’année sous le signe de Final Fantasy. Prochains personnages dans sa ligne de mire : Lightning et Tifa !

Pour découvrir les multiples avatars de Victoria : sa page Facebook et son Instagram !

© Jêrome Domo Photo Sessions