[Prends la parole] Les jeunes de la tribu de Ny prennent la parole

Les ambassadeurs de l’enquête Prends la Parole se sont rendus la semaine dernière à la tribu de Ny, à Bourail. L’objectif : faire un point, avec les jeunes, sur leurs difficultés et leurs projets.


Tout un symbole ! C’est sous le préau de la maison commune qu’ils ont eux-mêmes construite dans le cadre d’un chantier d’insertion, que les jeunes de Ny ont retrouvé les ambassadeurs du dispositif Prends la Parole. L’opportunité pour eux d’aborder les défis délicats que relève au quotidien la jeunesse en tribu.

Au programme ? Une « rencontre-débat » sur un thème choisi par les jeunes eux-mêmes : emploi et formation. Au-delà des contraintes (manque d’information et d’espaces d’échange, isolement, certains blocages avec les vieux…), les cinq camarades mettent aussi l’accent sur les boulots qu’ils envisagent : autour de l’agriculture (les jeunes ont dernièrement repris tous les champs), le colportage ou le tourisme. Le tout avec la volonté d’avancer ensemble et de ne laisser personne sur le carreau. Pour assurer les obligations familiales, les jeunes espèrent trouver un travail dans les environs de Bourail ; pour cela il faut un permis de conduire ; l’occasion d’apprendre au fil de la discussion qu’il existe des aides pour l’obtenir… Sans langue de bois, les échanges se font naturellement avec les ambassadeurs qui donnent leur point de vue, posent des questions, reformulent le ressenti sur la situation.

Avec le sport, l’espoir

A Ny, les perspectives sont aussi à chercher du côté du sport. L’an dernier, les jeunes ont fondé l’USN (l’Union Sportive de Ny), qui se concentre sur le futsal en particulier et les autres pratiques à terme. « Le sport, en tribu ça fédère tout le monde, même les petits frères qui nous suivent et évitent les mauvais délires… On a essayé de sortir de l’image de délinquance en créant cette association ! » Il a fallu gérer notamment les difficultés liées à la paperasse, et assurer des ventes de brochettes pour payer les fournitures.

« Avec l’association, on peut rentrer dans le monde du travail, soulignent encore les jeunes. Par exemple, obtenir un contrat pour défricher au village. On a pu s’impliquer dans la sécurité et la restauration pour la Transcalédonienne [qui passe par Bourail depuis 2017]… ça n’est pas toujours évident de jongler entre les obligations familiales, notre recherche de travail et l’association, mais c’est petit à petit qu’on va s’en sortir ! »

La grande enquête Generation.nc a démarré début avril, si tu n’y as pas encore participé c’est le moment ! https://generation.nc/demarrer-enquete/