Djess danse sur le dos des chevaux

A tout juste vingt ans, Djess Pain en est déjà à sa quatrième saison de rodéo ! Une passion qui puise dans l’histoire familiale, entre La Foa et Boulouparis où Djess a grandi.


« On ne reste pas longtemps sur la bête, mais la sensation est forte ! Dès que tu mets le pied dans la coulisse, t’as l’adrénaline. Parce que tu ne sais pas ce que tu vas faire : si tu vas ressortir intact ou cassé ! Mais après, dès que la porte est ouverte, c’est entre toi et le cheval, tu ne penses plus à rien. »

Discipline

En même temps qu’il déballe calmement son matériel de rodéo qui sent bon le cuir, Djess délivre les anecdotes sur son expérience du rodéo. S’il s’est essayé quelques fois à la monte sur bœuf, c’est sur cheval qu’il a aussitôt trouvé ses marques. Il faut dire que c’est une histoire de famille : depuis près d’un quart de siècle, son père Patrice, éleveur de bétail sur la propriété familiale de la presqu’île Le Bris à La Foa, fournit les chevaux pour les différents rodéos. Lui-même, Patrice, a pratiqué le rodéo avec son frère jumeau… Avant que ce dernier ne subisse un terrible accident, au cours duquel un coup de sabot l’a laissé partiellement paralysé.

photo © Patrick Mille

Pourtant, pas de quoi refroidir la volonté de Djess. « Je me suis dit que ce serait bien de prendre la relève pour eux. Je prends mes responsabilités et trois jours avant le rodéo, il n’est plus question de toucher une goutte d’alcool, énonce le jeune homme à l’imposante carrure. Mon père m’a dit : si tu veux faire du rodéo il n’y a pas de problème, mais tu n’as pas intérêt à te présenter à la foire devant 3 000 personnes, te vautrer par terre et te faire mal ! »

Expérience

Licencié à l’Association de Rodéo et de Jeux équestres de Boulouparis (ARJB), Djess apprécie la bonne entente qui règne entre les pratiquants de cette discipline exigeante, parfois dangereuse. Depuis trois ans, et en compagnie de plusieurs rodéomen calédoniens, il fait également un tour chez nos voisins vanuatais pour participer au rodéo de Port-Vila. « C’est le seul gros événement de ce genre chez eux. C’est damé comme la foire de Bourail, sourit Djess. S’il t’arrive un truc, que tu te casses quelque chose, tu dois attendre le prochain avion ! L’an dernier un Calédonien s’est cassé le bassin et le coude : il a dû attendre le lendemain pour partir… » Pour autant, Djess redoute moins le comportement des chevaux que des bœufs. « Si tu sais vraiment monter à cheval et qu’il s’apprête à bucker*, normalement tu as le temps et le réflexe de te cramponner. »

Djess, qui travaille par ailleurs comme rouleur sur mine, cumule également un savoir-faire dans l’artisanat du cuir, puisqu’il confectionne martingales, croupières, ou propose la réfection de selle. En 2015, il s’est même rendu quinze jours en Australie pour y réaliser sa propre selle de rodéo auprès d’un spécialiste, un certain Dan Baker à Rockhampton, qui l’a guidé au cours des différentes étapes de fabrication.

Cette année, au lendemain de son retour de Port-Vila le 8 octobre, Djess reprendra l’avion, direction cette fois la Métropole. Il y rejoindra sa compagne Emmanuelle (également férue de sport équestre puisqu’elle est championne d’équitation western) qui suit ses études à Perpignan, non loin de la frontière espagnole. Et bien sûr Djess emporte tout son matériel de rodéo !

*bucker = ruer, en anglais

La page facebook de l’union des associations de rodéo de Nouvelle-Calédonie

Comment sont notées les performances lors d’un rodéo ?

« Que ce soit sur un cheval ou un bœuf, il faut tenir 8 secondes, explique Djess. Ensuite la bête est notée sur 50 et le cavalier sur 50 ; si la bête bouge bien et que toi tu ne tiens pas, ou inversement, tu n’as pas de bon score ; mais si la bête bouge bien et que tu manipules bien ton cheval, là les scores montent. »