[Prends la parole] A Unia, les filles s’expriment !

Discussions et échanges ont ponctué la rencontre entre Jessie, ambassadrice de Prends la parole, et les jeunes filles de la tribu d’Unia, à Yaté. En mode convivial mais sans filtre, elles ont livré lors de la rencontre-débat, leur avis sur la délinquance, l’emploi, la formation et le vivre-ensemble.


« Vivre ensemble ? Mais on le fait déjà avec toutes les communautés ! » Cet après-midi-là, Jessie Guyette, ambassadrice de Prends la parole dans le cadre de la grande enquête jeunesse generation.nc, a convié 6 jeunes femmes de la tribu d’Unia pour un débat improvisé. Lycéennes ou en recherche d’emploi, toutes sont en attente d’évolution : l’obtention d’un diplôme, la poursuite d’une formation ou un emploi. Pourtant, bien qu’attachées à leur tribu et leur commune de Yaté, elles avouent ne pas hésiter à partir si jamais, elles trouvaient du travail ailleurs. Bien sûr, si elles avaient le choix, elles préféreraient rester à Yaté.

Loin et près à la fois

Ici la vie s’écoule hors du temps et de l’espace, mais ce n’est quand même pas Belep !  Toutefois, ce n’est pas si simple d’accéder à l’information, que cela soit pour les démarches administratives, ou la recherche d’emploi, qui est la principale préoccupation de Myriam, Lorenza, Cheyenne, Margaux, Hailye et Sophie venues à l’invitation de Jessie. Cela fait plus d’un mois que cette dernière est ambassadrice de Prends la parole. Recueillir la parole des jeunes, faire remonter leurs attentes mais aussi contribuer à l’enquête jeunesse, telles sont ses missions dans le cadre du service civique.

La délinquance à Yaté ? Connais pas…

Pour commencer la discussion, Jessie lance un débat sur la délinquance. Dans le groupe, ce mot ne fait pas écho. « Ici, on n’a pas trop de souci à se faire sur ce point, réagit l’une des filles. Dès qu’un jeune commence à avoir un comportement inadéquat, les vieux le calment tout de suite ! »

Les filles s’accordent sur fait que les parents ont une grande part de responsabilité dans les comportements de leurs enfants. Selon elles, pour prévenir la délinquance, il faut d’abord sensibiliser les parents. Et puis, il y a aussi l’alcool qui est un facteur aggravant. Même si finalement, « on ne peut empêcher quiconque de boire. Chacun doit se réguler. »

Mais la délinquance va aussi de pair avec la violence, qu’elle soit physique ou verbale. « En tant que femme, je me sens en sécurité et respectée au sein de ma commune », souligne l’une des participantes. Si des tensions surviennent entre jeunes, les filles estiment que celles-ci peuvent être résolues grâce aux échanges et aux tournois sportifs inter-tribus.

La difficulté à trouver du travail au sein de la commune

L’emploi est leur point noir, car il n’y a peu d’offres dans la commune. « Même la mine ne propose rien », lance une jeune femme. C’est pourquoi Lorenza envisage de se lancer dans la culture de la vanille, si elle ne trouve pas de travail. Même Jessie, notre ambassadrice de Prends la parole, avoue être intéressée par l’élevage de crevettes. Ainsi, disent-elles : « Cela permettra de développer l’activité économique de la commune, et on peut continuer de vivre à la tribu ! »