Etre jeune à … Thio : Zora, fière de ses racines

Zora, jolie jeune fille de 22 ans, a grandi à Thio. Après un bac ES au lycée du Grand-Nouméa et une licence de droit à l’UNC, elle est de retour dans sa commune d’origine pour un an. Le temps de profiter de sa famille et d’effectuer un Service Civique au Musée de la Mine, avant de partir vers de nouvelles aventures. Elle nous raconte ce que c’est d’être jeune à Thio aujourd’hui.


Avec un papa Kanak métis Européen et une maman Kanak métisse Wallisienne, Zora se définit elle-même comme « un pur produit du brassage ethnique et culturel que l’on rencontre à Thio et plus largement en Nouvelle-Calédonie ».  Ses origines diverses représentent une fierté pour la jeune fille même s’il n’est pas toujours évident de trouver sa place. « C’est parfois dur à assumer, notamment ici parce qu’il y a beaucoup de conflits ethniques, mais d’un autre côté c’est aussi très enrichissant parce que c’est plus facile de s’ouvrir aux autres, il n’y a pas de barrières, » confie-t-elle. Ayant grandi « à la mode européenne », Zora participe, depuis sa plus tendre enfance, aux coutumes avec sa grand-mère et aux évènements de la communauté wallisienne avec ses cousins.

Arc-en-ciel, une association pour fédérer toutes les ethnies

La jeune fille considère qu’ « aujourd’hui, nos générations sont toutes métissées », et qu’il est important que chacun retrouve son histoire et puisse la partager pour construire un avenir commun. C’est pourquoi, avec d’autres jeunes de Thio, elle a fondé Arc-en-Ciel, une association qui rassemble les jeunes de la commune, de toutes origines.

 « C’est un bon moyen de fédérer toutes les ethnies : tahitiennes, wallisiennes, javanaises… et de mieux se connaître nous-même et entre nous, souligne Zora. Tu ne peux pas savoir où tu vas si tu ne sais pas d’où tu viens ! Et on se rend compte, en discutant ensemble, que même si nos modes de vie ne sont pas les mêmes, les notions de respect et d’humilité se retrouvent dans toutes les cultures ».

Aujourd’hui, on n’écoute plus assez nos vieux

Quand nous évoquons les problématiques de délinquances pour lesquelles la commune de Thio est tristement célèbre, Zora est catégorique : « On n’écoute plus assez nos vieux ! Du coup, on ne connaît plus bien notre histoire et on se sent perdus ».  Si elle déplore  qu’une « minorité donne une mauvaise image de la commune », elle tient à souligner le potentiel des autres jeunes de Thio. « Ici il y a beaucoup d’artistes ! Des musiciens, des sculpteurs, des sportifs… Le problème c’est que ça manque de structures pour fédérer les jeunes, comme une salle de musique par exemple. Du coup ils volent pour trouver de l’adrénaline, parce qu’il n’y a rien à faire… »

Comme autre solution, Zora propose le voyage : « Partir permet de mieux revenir, l’esprit plus ouvert, explique-t-elle. Avant, j’étais dans mon monde, puis je suis allée en Australie et j’ai réalisé à quel point ici on est enclavés ! Il faut partir pour changer sa vision du monde et des choses ».