Prends la parole l Motivées les ambassadrices de Païta !

Malia Vikena et Elodie Wamynia, ambassadrices de « Prends la parole », ont fait de l’antenne de la MIJ de Païta leur QG. Chaque semaine, elles s’y retrouvent pour faire le point, établir le planning à venir, saisir les données récoltées, remonter les informations… Une mécanique bien huilée pour les deux jeunes femmes !


Pour aller à la rencontre des jeunes et recueillir leur parole, le chemin le plus court est le plus efficace. « Ce qui marche super bien, ce sont les arrêts de bus ! » confie Malia. On se plante devant et on aborde les jeunes qui attendent le bus. »  Une anecdote épique ? « Une fois, on est resté dans le bus pour questionner une fille et on s’est retrouvé au Mont Mou ! Ensuite, il a fallu revenir et il n’y avait pas beaucoup de bus ! » se souvient Elodie. Un peu aventurières les filles ! Bien sûr, elles vont aussi dans les tournois sportifs et  dans diverses manifestations de leur commune. Toutes les occasions sont bonnes pour rencontrer du monde ! Et surtout des jeunes !

Une expérience qui peut servir à l’avenir

Leur slogan pourrait être « Jamais sans ma binôme ! ». Malia et Elodie se connaissent depuis l’année dernière. « Nous étions en prépa école de commerce au lycée du Grand Nouméa,» explique Malia. Ensuite, elles ont toutes les deux dû abandonner leurs études pour des raisons familiales… Un point commun un peu malheureux qui les a rapprochées. Mais ni l’une ni l’autre n’a l’intention d’abandonner ses objectifs, même si les ambitions sont légèrement revues à la baisse. « S’engager dans le service civique est un interlude dans mon parcours, souligne Malia. Je compte bien reprendre mes études l’année prochaine. Soit en IUT ou bien en BTS. » Idem pour Elodie : « Je veux d’abord faire un BTS Assistant de Gestion PME-PMI en alternance, puis m’engager dans l’armée de l’air pour travailler dans les Ressources Humaines ! » Les filles savent ce qu’elles veulent et n’en démordent pas. « Je pense avoir la fibre sociale. On me demande souvent pourquoi je veux faire du commerce, remarque Malia. C’est simplement parce que je veux acquérir des compétences qui me serviront dans d’autres domaines. J’aimerais être l’intermédiaire entre la population et les institutions. »

Un bon écho auprès des jeunes

Malia et Elodie, le duo de choc !

« Je n’ai pas peur d’aller vers les autres et d’engager la conversation. La plupart du temps, les gens sont réceptifs et curieux, » confie Malia. « Les jeunes à Païta sont bizarres, ils adorent qu’on leur parle ! » s’esclaffe sa complice. « Ils sont étonnés qu’on leur adresse la parole, mais ils sont contents ! » Pour Elodie connaître la plupart des jeunes de la commune est un avantage, ce qui n’est pas toujours vrai selon Malia : « Parfois c’est pas évident de garder son sérieux quand on connaît les personnes, car ils nous connaissent dans un autre contexte et c’est pas facile de ne pas rire ! »

Plus que quelques semaines avant la fin du service civique, mais les filles ont déjà questionné plus de 180 personnes dans le cadre de leur mission « Prends la parole ». « Les jeunes sont contents qu’on s’intéresse à eux ! » souligne Malia. « Ils ont envie que les choses changent. La délinquance que nous observons depuis quelques années, est un signe de détresse car les jeunes n’ont plus de repères », ajoute Elodie. « Beaucoup ont du mal à se projeter après 2018 et ont de fausses idées sur le référendum. Certains nous disent qu’ils veulent partir pour se former et revenir avec des compétences qui serviront pour le pays plus tard. L’idée du vivre-ensemble revient à chaque fois ce qui montre que les jeunes veulent vraiment vivre en paix. »