De la prépa à l’école supérieure

Elève à l’Ecole Nationale Supérieure de Géologie, Jim Garsia goûte pour la première fois la vie d’un étudiant calédonien en Métropole. Le passage de la prépa à l’école supérieure* a été assez déroutant. Un vent de liberté souffle sur un avenir prometteur : celui d’un futur ingénieur géologue en Nouvelle-Calédonie !


La trajectoire a été sans faute pour Jim Garsia. Après un parcours scolaire exemplaire couronné de succès par un bac S obtenu avec la mention très bien, au lycée Lapérouse, il opte pour la prépa. Un choix « comme une évidence ». Pendant ses deux années de prépa, il s’imagine devenir contrôleur aérien. Malheureusement, ce rêve est avorté car il obtient 9,8/20 à l’écrit au concours, au lieu de 10 pour être retenu. Pragmatique, il s’oriente vers le secteur des mines. « Grâce à la prépa PSI, j’avais la porte ouverte à l’ENSG, l’une des meilleurs écoles d’Europe en géologie ! »  Jim a l’intention de retourner travailler et vivre en Nouvelle-Calédonie, cet objectif a fortement influencé son orientation.

Nancy, un mal pour un bien !

Après les oraux à Paris, direction Nancy, pour intégrer la fameuse ENSG ! Arrivé en été, l’acclimatation s’est bien passée mais quand arrive la première brise d’hiver, le moral est au plus bas. « Le pire, c’est début novembre… Il fait parfois -15°C» se désole-t-il. A cela, s’ajoute : l’éloignement de la famille, le manque de soleil et de la mer… Mais en vérité, c’est loin d’être aussi déprimant rassure-t-il : « L’indépendance, la rencontre avec de nouvelles personnes, l’intégration, les fêtes associées aux écoles d’ingénieur ! »  Un lifestyle qui lui plaît ! « Ma vie se résume à suivre les cours en semaine, faire du sport le soir, sortir en soirée le weekend. Et bien sûr, remplir ma part de travail pour les différents projets. » Jim est même surpris que le temps s’écoule si vite. « Il se passe tellement plus de choses que lorsque j’étais en prépa, où tout se résumait au travail… »

Libre mais un peu « largué »…

Côté rythme de travail, le changement est radical. « Le passage d’une prépa où l’on est extrêmement encadrés voire maternés par les professeurs, à des cours magistraux assurés par un enseignant chercheur qui ne s’occupe pas vraiment de savoir si les élèves sont présents est assez perturbant » reconnaît-il. Cette nouvelle approche pédagogique plus « relax »  a de quoi déstabiliser. « C’est certes détendu mais pas vraiment motivant ». Heureusement, qu’il y a les TD pour se mettre à jour des connaissances. Mais aussi les partiels d’évaluation de compétences semestriels qui poussent à travailler dur. « Mon avantage par rapport aux autres étudiants, confie-t-il. C’est que mon projet professionnel est clair. Travailler en Nouvelle-Calédonie est l’une de mes principales motivations pour aider au développement du Caillou et assurer la pérennité de ses mines de nickel. » Mais Jim aurait difficilement pu assurer ce cursus sans la bourse d’accès aux grandes écoles. « J’aurais été obligé de trouver un travail pour compléter mes dépenses tout en suivant les cours, ce qui n’est pas un gage de réussite. »

*L’expression de « grande école » n’est plus exclusivement réservée à un ensemble d’établissements comprenant historiquement : l’Ecole polytechnique, Normal sup’, Ecole navale, Ecole des ponts et chaussés de Paris. Elle est étendue à l’ensemble des établissements délivrant une formation de haut niveau. On parle aussi « d’école supérieure ». (Source : Qu’est-ce qui fait une grande école ? www.letudiant.fr)