Quand le slam s’enflamme !

« Liberté, égalité, respect », les mots clamés en langue kanak ou en français ! A la finale du concours de slam, des textes vibrants ont suscité de l’émotion, des sourires et parfois même des rires, dans l’auditorium du Conservatoire de Musique et de danse de la Nouvelle-Calédonie.


Mercredi 26 octobre. 14h. Les 23 finalistes du concours de slam organisé par le vice-rectorat attendent fébrilement devant la porte de l’auditorium. Une finale à huis clos mais malin Tazar a pu se faufiler ! Timide parfois audacieux, chacun s’est exprimé librement à sa manière. Le slam, c’est notre poésie à nous. Qui a dit que les jeunes ne savaient plus écrire ? Génération numérique, on préfère les smartphones et les tablettes mais cela nous arrive d’utiliser le stylo. Si si… Dans la salle, on entend presque les mouches voler. Heureusement, Sylvain Lorgnier, un comédien professionnel, membre du jury, détend un peu l’atmosphère avec son rire jovial. Les textes s’enchaînent, entre délits de mots et jeux de mots, pour décharger les maux de notre société. En particulier, ceux qui touchent à l’égalité homme/femme. Pas moins de 250 participants au total pour cette 4e édition. « Ce sont les élèves des collèges et lycées des trois provinces. Les candidats présentent un texte personnel autour d’un thème sur la citoyenneté. Cette année c’est : liberté, égalité, respect » informe Véronique Mollot-Lehouiller, la déléguée académique à l’éducation artistique et culturelle du vice-rectorat.

Les gagnants pour la catégorie lycée : Sophie Waunie en langue kanak et Cédric Yeiwene en Français. Pour la catégorie collège : Lydie Waunie en langue kanak et Apphia Akilano, en français.

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Sophie Waunie reçoit son 1er prix des mains de la ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Éducation nationale.

Passeurs de rimes rythmiques !

Le matin, les candidats ont eu droit à un cours accéléré avec Simane pour les préparer au passage devant le jury. « Il nous a conseillé de donner du rythme, de jouer sur les intonations» confie Sophie Waunie, la gagnante de l’édition 2016. Elève en terminale S, au lycée Lapérouse, cette dernière avait déjà remporté le prix en 2013. Cette fois-ci, elle propose un slam en Nengone. « Je parle de la tradition kanak. Je dénonce le fait que la femme n’ait pas les mêmes droits que les hommes dans la coutume. » Sa prestation intense a subjugué le jury ! De son côté, Cédric Yeiwene a séduit par son aisance scénique et la pertinence de son texte « S’il vous plaît, laissez-moi en douter ». Elève de terminale L, au lycée Lapérouse, il écrit surtout pour lui. « Pendant trois ans, j’ai été accompagnateur musical pour le concours de slam. Comme c’est ma dernière année de lycée, j’ai voulu me lancer ! » D’autres sont venus en bande comme ces élèves en CAP serrurier métallier du lycée de Champagnat à Païta. « En début d’année, ils ne savaient pas s’exprimer, écrire un poème encore moins ! Participer à ce concours est pour eux un défi ! » s’exclame fièrement Marcela Pizarro, l’intervenante théâtre qui les accompagne. La finale s’est terminée le soir par la remise des prix, en présence de la ministre de l’Education, Naja Vallaud-Belkacem. Trop la classe !

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