Sam fait son cinéma

A tout juste 17 ans, Sam Cargnelli a reçu le prix du meilleur court-métrage indépendant au Festival du cinéma de La Foa, pour son film A nous trois. Doué et ambitieux, il rêve de se faire un nom dans le milieu. Mais, réaliste, le jeune homme envisage son avenir avec pragmatisme.


Sam est né en 1999 à La Foa, l’année du premier Festival du cinéma. Faut-il y voir un signe ? « Depuis que je suis née, j’ai toujours habité à La Foa, sauf depuis mon entrée au lycée, raconte le jeune réalisateur. Quelques membres de ma famille sont dans le milieu du cinéma local. Ce qui m’a beaucoup influencé, je pense. »

Fasciné par le monde du spectacle et du cinéma, Sam commence à faire des petits courts-métrages dès l’âge de 8 ans. « Mes premiers films étaient complètement ratés », se souvient-il. Trois ans plus tard, il se lance avec plus de sérieux et présente son premier court-métrage You and me au Festival du cinéma de La Foa. Il n’a que 11 ans. Il enchaîne ensuite : Déforestation (clip musical), Mon Hakuna matata, Nostalgie, Paranoïa, Sekhemet, A nous trois et Mon frère.

Filmer pour exprimer ce qu’on ressent

C’est avec A nous trois qu’il obtient le prix du court-métrage indépendant cette année. L’histoire raconte les difficultés d’une adolescente vivant avec sa petite sœur et sa mère alcoolique. Les problèmes d’alcool de la mère finissent par détruire sa relation avec ses filles. Mais pourquoi ce sujet ? « Autour de moi, le sujet de l’alcoolisme revenait souvent dans les discussions avec mes amis », explique Sam. Pour le scénario, il s’est d’ailleurs inspiré d’une discussion avec une amie. « Je me suis dit que faire un court-métrage pourrait sensibiliser et dénoncer les effets néfastes de l’alcool. »

Le tournage a duré trois longs jours, dans un petit appartement, entre 8 h et 1 h du matin. Sam a pu compter sur le soutien et les précieux conseils de Jacques Paulus, le réalisateur du court-métrage Le courage d’Eva en 2015. « Il m’a énormément aidé pour me fournir du matériel audiovisuel et m’a appris des choses sur le plan technique. » Le jeune réalisateur a également suivi la formation de direction d’acteur avec Sacha Wolf en juin dernier. N’ayant aucun moyen financier, il a fait appel au bénévolat des actrices et des techniciens. Mais il envisage de trouver des financements pour son prochain projet. « Comme ça je n’aurais plus à faire monteur, réalisateur, scénariste et je pourrais me concentrer uniquement sur le jeu d’acteur et le mouvement de la caméra. »

Actuellement en terminal ES au lycée du Grand Nouméa, Sam prépare également l’entrée à Science Po Paris. « Je ne sais pas du tout si je vais aller dans le cinéma. Ce sont des métiers où il est difficile de se faire un nom, » constate-t-il, lucide. Il aimerait se diriger plutôt vers la diplomatie et les relations internationales, dans le but de travailler pour une organisation humanitaire et/ou environnementale. Mais il ne laisse pas le cinéma de côté pour autant. « Je suis quelqu’un d’ambitieux, peut-être un peu trop même, reconnaît Sam. Mais une chose est sûre : je veux me faire un nom et réussir ma vie ! » Affaire à suivre !

Ses films cultes

  • Inglorious Bastard, de Tarantino
  • Mommy et Amours imaginaires de Xavier Dolan
  • Mustang de Denize Gamze Ergüven
  • Libre et assoupis de Benjamin Guedj