Kapa Kapa : «Nous avons des choses à dire !»

La Fête de la musique continue ! Le groupe Kapa Kapa joue les prolongations et se produit samedi 24 juin sur la place du marché de Vao, à l’Île des Pins. A l’occasion de la sortie de son nouvel album « Funambule », Christophe Ventoume, son leader charismatique nous fait quelques confidences.


C’est au Mouv’ que Christophe Ventoume, nous reçoit en pleine répétition. Car, en plus d’être leader et bassiste du groupe Kapa Kapa, il est aussi directeur de la salle de concert de Rivière Salée ! Kapa Kapa, c’est avant tout une histoire de famille. A l’origine, Christophe et Jean-Marc Ventoume deux frères passionnés de musique fondent dans les années 90, le groupe Triban Kan. « Nous baignons dans la musique depuis toujours, confie Christophe. Notre maman est originaire de la tribu de Xodré à Lifou, là-bas, chaque famille possède au moins une guitare à la maison. » Christophe a transmis le virus de la musique à son fils Miles. Dès l’âge de 15 ans en 2009, ce dernier rejoint le groupe en tant que batteur. Mais le fiston a plusieurs cordes à son arc : il joue aussi de la basse et compose la musique, pendant que le père écrit les textes. Triban Kan produit 5 albums avant de se dissoudre après le départ de Jean-Marc. Christophe et Miles décident alors de refonder un groupe en 2011, et le baptisent Kapa Kapa, qui signifie « petit repas » ou « goûter » en drehu.

« La musique est un espace de liberté »

Lauréat deux fois de l’aide à la création artistique de la province Sud, Kapa Kapa sort dans une semaine son deuxième album intitulé Funambule. Fidèle à ses débuts, le groupe perfectionne son style unique : le « Tchap fusion ». « Un mélange de kaneka et de diverses influences : funk, groove, jazz, rock et folk ». Cependant, le leader affirme que dans ce nouvel album, une large place est accordée aux instruments : piano, bambou, basse, batterie et guitare. Avec des featurings de talent : Stéphane Fernandez, Alban Da Silva, Patrice Prudent, Alex Harvey et Kydam.

Christophe et Miles Ventoume

Les textes en français, drehu, nengone et anglais, décrivent les « maux de notre société ». «En tant qu’artistes, nous avons des choses à dire. La musique est un espace de liberté qui permet d’exprimer notre regard sur la société actuelle. De la difficulté à construire le destin commun, aux codes actuels de la société qui chamboulent les valeurs communautaires. » Le titre « L’ami Roro » figurant sur l’album raconte par exemple le parcours parsemé d’embuches des demandeurs d’emploi. Ces derniers sont contraints de quitter leur tribu et un mode de vie traditionnel pour chercher du travail dans les usines de nickel du Sud et du Nord. Ce changement de vie entraîne des difficultés d’insertion mais aussi d’intégration.

Si tu veux découvrir Kapa Kapa, deux dates à retenir : le samedi 24 juin à 12h heures sur la place du marché de Vao (programme) et le 7 juillet à 20h au Groove Night salle Le Mouv’.