Etre jeune à… l’Île des Pins : Marie-Françoise et son petit paradis

Marie-Françoise, 17 ans, est en terminale Comptabilité au lycée Do Kamo. Originaire de la tribu de Comagna, à l’Île des Pins, elle nous raconte son quotidien dans « son petit paradis », mais aussi sa vision de la vie et de l’avenir.


Tranquillement installée avec ses amies à côté de la place du marché de Vao, Marie-Françoise profite d’un week-end « chez elle » entre deux semaines de cours à Nouméa où elle vit chez sa sœur. « Ici je me sens bien, c’est familial et convivial ! Cette ambiance particulière me manque quand je suis loin ! » confie la jeune femme de 17 ans.  Une douceur de vivre qui vient du décor, bien-sûr, parce que l’Île des Pins c’est quand même super beau, mais aussi de la motivation des jeunes. « L’île est petite, on a tous fait l’école ensemble, on se connaît tous mais on ne s’ennuie jamais ! Il y a toujours des animations, des bingos, des tournois de foot ou de volley… C’est là qu’on se retrouve et qu’on passe de bons moments ! ».

Nouméa, la lointaine…

Si Marie-Françoise devait améliorer quelque chose dans les conditions de vie des jeunes Kunié, ce serait plutôt à Nouméa, quand ils doivent quitter l’île pour aller faire leurs études. « Franchement, pour nous, rentrer au lycée à Nouméa, ça fait un gros changement ! C’est dur de ne plus être chez soi et je pense que l’on n’est pas assez suivi là-bas… Pour éviter le décrochage scolaire et la délinquance, il faudrait mettre plus de choses en place comme, par exemple, un internat prévu où les jeunes de l’île pourraient être ensemble ».

« Le respect, il faut que ça aille dans les deux sens »

En ce qui concerne la place des jeunes dans la société, Marie-Françoise prône l’égalité. « Je trouve que par exemple ici, le respect des vieux est encore bien présent chez les jeunes, mais il faut que ça aille dans les deux sens et que les vieux nous respectent aussi, ne nous jugent pas… Le problème, c’est qu’ils aiment bien râler, dire que les jeunes sont mal éduqués… Du coup, par exemple, certains de mes amis, qui sont très gentils en temps normal, montent en pression à force de se sentir critiqués ».

Un avenir qui se dessinera en 2018

Une chose est sûre, Marie-Françoise ne se voit pas vieillir ailleurs que sur son île. Mais d’ici là, son avenir est encore incertain. « Avec le référendum qui arrive l’année prochaine, j’attends de voir avant de me projeter !, reconnaît-elle.  Soit on devient indépendants et il va falloir s’organiser, s’adapter à un nouveau style de vie que l’on ne connaît pas encore, soit ça reste comme ça et on continue la vie telle qu’elle est aujourd’hui ». Dans cette deuxième optique, la jeune fille pense aller continuer ses études en Métropole. « Même si c’est sûr que la distance fait peur, ce serait partir pour mieux revenir, en ayant découvert autre chose, d’autres cultures…».