J’ai testé pour toi : se faire congeler 

Plus besoin de partir dans le grand nord (j’ai nommé Lille) pour profiter des bienfaits du froid. Tu vois ce que c’est un sauna ? Bon. Et bien c’est tout l’inverse. Le principe : passer 2 à 3 minutes dans une chambre non pas froide mais glaciale à -140 °C.  Bref, j’ai testé pour toi la cryothérapie.


Rue Taragnat, Vallée des Colons,  centre « cryo.nc+ », unique centre de cryothérapie du territoire.

Nul besoin d’être rouillé de partout pour profiter du mieux-être que procure cette cabine à UV polaire.  Aujourd’hui, la cryothérapie se met au service du bien-être !  La punchline est la suivante : créer un choc thermique en un minimum de temps. Ceci ressemble à un cri de guerre d’une opération commando. C’est pourtant la promesse de la « cryo », pour les intimes.

-160°C à Nouméa, pas banal

Après un questionnaire ô combien poussé, je suis certifiée apte à basculer dans cet univers, d’apparence inhospitalier.  Nous y voilà. Je suis devant l’objet du délit.  Impossible de se dégonfler. La tenue demandée pour la séance est quelque peu surprenante. L’équipement est à quelques détails près, le même que pour aller baigner.  Des chaussettes de type « huggs » (les fashionistas se reconnaîtront) et un maillot de bain.  Le même que pour chiller au Méridien. C’est un peu un mixte entre aller à l’île aux Canard et passer une nuit dans l’avion. Bref. Passons.

Les trois minutes les plus « space » de ma vie

Ma cryothérapeute, Martine Chevalier,  veille au grain. Je rentre dans la cabine et reste debout. La hauteur du plancher de la machine est réglée de telle sorte que ma tête soit à l’extérieur. C’est un sketch. Du haut de mes 150cm, l’affaire se complique. Le mécanisme est bien huilé. Le refroidissement est progressif grâce à la transformation de l’azote liquide en matière gazeuse.  La température baisse de plus en plus  -50°C, -100°C pour arriver à -160°C. J’adopte la méthode Coué, « je vais bien, tout va bien ».  Je commence à me parler à moi-même, « le froid c’est dans ta tête, Caroline ». A mesure que la température chute, mon corps sécrète de l’endorphine. Ô la précieuse. Décidément, le corps humain est bien pensé. Je suis électrisée, voire complétement hystéro.

And so what ?

Bizarrement ce froid très sec est tout à fait supportable,  à la seule condition de tenter l’expérience avec la peau aussi sèche qu’un lézard. Aidée par un bon vieux pisse-mémé chaleureusement servit, ma température corporelle se stabilise rapidement. J’ai été plus qu’emballée par cette première séance.  N’étant pas spécialement connue pour être sportive de haut niveau (really ?),  je n’avais pas d’objectif précis.  Juste l’espoir de retrouver une pèche d’enfer en profitant d’un gros « coup de fouet ». Je me sens plus productive, bon ça faudra demander à ma boss. La  cryo agit aussi sur la santé morale. Bref aucune ombre au tableau (pour un forfait de 10 séances, la séance est à prix doux). Et pis, y’a pas de mal à se faire du bien comme on dit, hein. D’ailleurs, Marine Duprat la nouvelle ambassadrice des JDD (herself) l’a adopté.