Rencontre avec les agriculteurs de demain !  [2/2]

Ils sont jeunes, ils cultivent un potager, reprennent une exploitation familiale ou bien envisagent de devenir producteur agricole. Mais vivre de l’agriculture de nos jours, est-ce possible ? Tazar est allé à la rencontre de jeunes agriculteurs lors de la première édition de la Journée Néocalédonienne des Jeunes Agriculteurs (#JNJA) organisée par l’ERPA (Etablissement de Régulation des Prix Agricoles), le 5 septembre à Deva.


 

Madeleine Yakun et Joseph Nesap, Mont-Dore

Madeleine et Joseph consacrent 2 hectares de leur terrain au Mont-Dore, au maraîchage. Ils cultivent de la salade, des tubercules et des légumes de saison. « Au moins, on sait ce qu’on mange ! » assurent-ils. Ils vendent les surplus au marché de Boulari. « Nous souhaiterions développer notre activité et pourquoi pas en vivre. » Pour l’instant, prudent, le couple préfère garder ses emplois salariés. Mais cette activité de maraîchage est une passion et ils y passent tout leur temps libre et leurs week-ends. C’est pourquoi, ils aimeraient qu’elle devienne leur principale source de revenus. Ils se donnent dix ans pour y arriver. Ils savent déjà qu’ils devront investir davantage. « Nous devrons nous équiper davantage et automatiser certaines tâches. Mais nous voulons le faire à notre rythme sans faire de prêt bancaire, car nous ne voulons rien devoir à personne. »

Dylan Debien, Temala

A tout juste 19 ans, Dylan a un avantage de taille : il possède déjà du foncier car il est issu d’une famille d’éleveurs de bovins, à Temala. Beaucoup n’ont pas cette chance et il le sait. « La difficulté pour les jeunes de nos jours, c’est qu’ils n’ont ni  foncier, ni matériel. Ce qui n’est pas mon cas. »  Ces soucis en moins, cela ne l’a pas empêché d’hésiter sur son avenir professionnel. « Il y a quatre ans, j’ai pris ma décision. Cela m’est apparu comme une évidence ! » se souvient-il. Ayant grandi sur l’exploitation familiale, la vie d’un exploitant agricole de brousse ne lui fait pas peur. Il a appris le métier très jeune. « J’ai  toujours donné un coup de main quand il le fallait. »  Actuellement, en deuxième année du BTS DARC au lycée Michel-Rocard de Pouembout, son projet personnel est de développer, en plus de l’élevage, le maraîchage. « Je dispose d’un lopin sur lequel je cultive des pastèques, des melons, des concombres, des choux, des citrouilles et des courgettes. »

Dylan a déjà une petite expérience professionnelle et une vision claire du milieu,  grâce aux stages qu’il a effectué dans d’autres exploitations de la région. Cela lui a permis de savoir ce qu’il aimerait faire et ce qu’il ne souhaite pas reproduire sur son exploitation : « Je pense qu’il faut mettre en place plusieurs petites parcelles, car on a moins de perte que si l’on produit en grande quantité. » Son rêve : « Avoir une exploitation pérenne ! »