Camille Lincoln, entre ici et ailleurs…

Paris, Sydney, Tokyo… À seulement 28 ans, Camille Lincoln a beaucoup voyagé. Après des études d’architecture intérieure et de design, la jeune Calédonienne collabore avec les professionnels les plus réputés du milieu. Depuis quelques mois, elle a posé ses valises à Nouméa, le temps de se ressourcer et de monter sa première exposition. Elle repartira en septembre vers de nouveaux horizons, avec un projet en tête : s’affirmer en tant qu’artiste peintre.


Des toiles immenses tapissent les murs du Château Hagen. Des verts, des bleus, des ocres éclatent en milliers de pointillés, se mouvant du microcosme au macrocosme en fonction de la mise au point. Equilibrium la première expo de Camille Lincoln était visible jusqu’au 8 juillet dernier.

Pour son lancement, en tant qu’artiste peintre, la jeune femme explique s’être « inspirée des tranches de roche, des atolls, des vues aériennes du lagon ». Des motifs aux formes abstraites qui rappellent le règne minéral et végétal. La nature, un thème qui marque son retour aux sources car cela fait plus de deux ans qu’elle n’était pas rentrée sur le Caillou. « Cela commençait à devenir long ! » soupire-t-elle.

« J’ai parcouru le monde entier et visité les plus grands musées »

Partie juste après le bac pour intégrer la prestigieuse Ecole Supérieure de Design et d’Architecture intérieure, à Paris, Camille s’envole trois ans plus tard deuxième de sa promo et la licence en poche, à Sydney. Elle travaille avec l’architecte Koichi Takada. «Pendant un an, j’ai parcouru le monde entier et visité les plus grands musées pour mettre en place ce projet. Un travail passionnant et très enrichissant ! » Un job de rêve pour la jeune femme tout juste diplômée ! Elle rencontre des architectes de renoms : Toyo Ito, Jean Nouvel, Renzo Piano, Kazuyo Sejima (SANAA), Christophe Felger…

Elle s’envole ensuite à Tahiti dessiner les services généraux d’un hôtel 5 étoiles en Guinée Equatoriale pour l’Agence Tropical Architecture.

Mais Camille veut finir ses études coûte que coûte. Sous le charme de Sydney, elle décide de s’y poser pour faire son master de Design. Elle réalise en parallèle quelques affiches dont celle de la campagne du Ruban Blanc de la province Sud. Sa passion pour le graphisme, le dessin et la peinture l’emmène de nouveau à Paris où elle crée l’identité visuelle de la Maison de la Nouvelle-Calédonie durant un an.

Photo : Marceau Goulon

« Faire ressentir l’émotion par le regard »

Peindre. Ne faire plus que cela, ou presque. Cette idée fait son chemin.  Et à son retour en Nouvelle-Calédonie en fin d’année dernière, Camille décide enfin, de se jeter à l’eau. Pour la technique, elle opte pour un mélange de figuratif et de pointillisme. Une continuité logique car elle aime travailler sur des tâches de couleurs dans ses portraits.  « Cela m’a pris cinq mois entre décembre et avril pour faire une dizaine de tableaux dont quelques grands formats », raconte-t-elle.

Tous les tableaux sont composés selon le nombre d’or. « Cela permet de dynamiser et de donner une impression de mouvement », précise-t-elle. « Ce qui m’intéresse surtout, c’est de produire de l’émotion au travers un regard » En septembre, Camille quittera le Caillou pour Paris.  Forte de ce premier succès, elle ajoutera désormais une nouvelle corde à son arc : artiste peintre.

Photo : Marceau Goulon

Site internet : camillelincoln.com/