Le rêve éveillé d’Yvannick au Heiva !

Yvannick et la danse tahitienne, c’est une histoire d’amour aux allures de conte de fées. A 25 ans, le danseur calédonien a déjà un sacré palmarès derrière lui. Alors qu’il ne s’y attendait pas, en juillet, il a réalisé son rêve de danseur : participer au plus prestigieux festival de danse tahitienne, le Heiva, à Papeete. Une expérience unique et exceptionnelle qu’il raconte au Tazar !


Le sang polynésien coule dans les veines d’Yvannick Dahlan. La musique et la danse ne sont pas juste des « activités culturelles », c’est un art de vivre ! « A travers la danse, tu transmets un message sur ta personnalité que tu ne peux pas exprimer autrement », explique le jeune homme. Une passion qu’il développe très jeune grâce à sa mère. A 11 ans, il entre à l’école de danse Moeaga avec pour professeur Temanihi. Il intègre ensuite plusieurs troupes de danse en Nouvelle-Calédonie.

Bête de concours !

Heiva Nouméa 2012

En 2013, il participe au concours international Ori Tahiti Nui et gagne la première place en solo dans la catégorie Toa Tane. Lors de cette compétition, il s’est mesuré aux danseurs de toutes nationalités : « Les Japonais se débrouillent très bien, mais ils n’ont pas la grâce des Tahitiens », confie Yvannick, en connaisseur. Cet événement est de loin son meilleur souvenir : « Je me suis retrouvé en final avec deux autres Tahitiens. Je sentais la pression monter au fur et à mesure des éliminations ! Cela m’a donné une énergie incroyable ! »

Cette première grande victoire renforce sa confiance en son potentiel. Il réitère l’expérience au Heiva de Paris en septembre 2016. Pari gagné, il est proclamé cette fois-ci, meilleur danseur. Puis en novembre 2016, au Ori Tahiti Nui, il monte sur la première place du podium comme danseur solo dans la catégorie Aito Tane.

Premier Calédonien à intégrer une troupe professionnelle

Participation au Ori Tahiti Championship 2016

En juillet dernier, Yvannick est le premier Calédonien à intégrer une troupe professionnelle pour participer au prestigieux Heiva, à Papeete. Pourtant, ce n’était pas son plan de départ. « J’avais été approché par un manager pour un projet de tournée à Dubaï. » Malheureusement, arrivé à Tahiti en mai, le projet capote. Mais retournement de situation ! Yvannick se voit proposer, par Olivier Le Noir, d’intégrer la troupe Tahiti Ia Rurutu, dont il est le chef. « On s’est connu grâce aux concours de danse. » Yvannick passe tout son temps libre à apprendre les chorées et, chaque soir, les répétitions ont lieu avec la troupe au complet. « C’est une compétition contre soi-même avant tout,» précise Yvannick.

Pour tous les danseurs tahitiens, le Heiva est un événement important en termes de notoriété. Yvannick se souvient de l’enthousiasme palpable dans les gradins le soir de la représentation : « Le public est extrêmement chaleureux, en entrant sur scène on entend les percussions, j’en avais des frissons ! Pendant les premières minutes du spectacle, j’étais limite en état de transe ! » La troupe Tahiti Ia Rurutu termine 3e en catégorie professionnelle cette année. Elle obtient également le deuxième prix du meilleur danseur, le 3e prix pour la création musicale et le 1er prix pour le costume végétal.

La troupe professionnelle Tahiti Ia Rurutu au Heiva 2017

Une semaine après son retour sur le Caillou, Yvannick n’est toujours pas redescendu de son petit nuage. Difficile de revenir à la réalité quand on a  vécu un mois aussi riche en événements et en rencontres. « Ce qui me plaît, c’est de me mesurer à un niveau supérieur, de vivre cet amour de la danse, mais aussi de faire connaître la Nouvelle-Calédonie ! »