Respect les meufs !

« On ne naît pas femme, on le devient » écrivait Simone De Beauvoir dans le Deuxième sexe. 68 ans plus tard, le sujet est toujours d’actualité. A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, L’UNC a organisé des manifestations autour de l’ « Univers au féminin ». Egalité hommes/femmes : entre mythe et réalité. (photo : Anaïs Grumaud, Romane Tronel et Tuamanaia Foimapafisi)


L’UNC a mis les bouchées doubles pour la Journée internationale des droits des femmes. Ce n’est pas une mais 35 activités qui ont été proposées mercredi 8 mars. Au programme : speed conférences, ateliers, débats, activités sportives, projections de films… Mais plus qu’une célébration, c’est une véritable réflexion que l’UNC engage les étudiants, les personnels et les institutions à développer. « Nous devons maintenir les efforts pour continuer à lutter contre les discriminations » souligne Gaël Lagadec, le président de l’UNC. Malheureusement, elles sont toujours présentes. Mais ne noircissons pas le tableau puisque les femmes ont gagné des victoires depuis la Seconde Guerre mondiale : le droit de vote, de travailler sans l’autorisation de leur mari, la contraception, l’IVG, la reconnaissance du principe « à travail égal, salaire égal »… Sur ce dernier point, c’est pas encore gagné ! Quand on entend ce député d’extrême droite déclaré récemment devant le Parlement européen : « Les femmes doivent moins gagner que les hommes car elles sont moins intelligentes ! », on croirait rêver ! On est quand même en 2017, non mais allô quoi ! Le chemin est encore long avant que la question de l’égalité homme/femme ne se pose plus mais s’impose comme une évidence.

L’éducation peut changer le monde

L’éducation joue un rôle primordial dans le changement de mentalité et par ricochet, du regard de la société. Dans le monde du travail, les chefs d’entreprises seraient moins enclins à embaucher des femmes car elles sont susceptibles de tomber enceinte. L’image de la femme « imposée» implicitement par la société transparaît, dès le plus jeune âge, à travers les jouets mais aussi la publicité. L’éducation, c’est ce qui a permis à Brigitte Lèques d’embrasser une carrière de médecin, en un temps où les filles en Calédonie ne pouvaient espérer devenir au mieux soit instit ou infirmière. «  J’ai eu de la chance d’avoir des parents qui m’ont poussée à aller au bout de mes possibilités et m’ont mise face à mes ambitions.» A une époque où les filles étaient encouragées à trouver un « bon parti », ses parents lui ont donné des ailes pour s’émanciper.

Brigitte Lèques, ancien médecin responsable du CCF à Montravel.

La journée s’est clôturée par la remise des prix du concours « Talents de femme, femmes de talent ». La première place a été attribuée à Anaïs Grumaud, passionnée de raid, elle est en première année de DUT MMI. Cette journée a aussi été l’occasion pour l’UNC de remettre trois prix d’excellence : Vanessa Vergès, licence de mathématiques, Romane Tronel, master MEEF. Elle est également lauréate au CAPES physique-chimie, et au CAPLP maths-sciences. Enfin Tuamanaia Foimapafisi, master de droit, reçue à sciences Po Paris. Émue, cette dernière a tenu à remercier ses parents : «  Mon éducation a fait en grande partie ma réussite. Merci à vous (mes parents) de m’avoir appris que l’indépendance était l’objectif vers lequel toutes les femmes devaient tendre. (…) Je garde la conviction que l’éducation est encore le meilleur moyen, pour nous les femmes, de nous considérer comme des êtres un tant soit peu libres de penser et de faire des choix. »

Tuamanaia Foimapafisi