Yoan et le monde merveilleux de l’animation

Yoan Thireau n’est pas tombé dans l’animation depuis tout petit mais il s’est bien rattrapé depuis, puisqu’il en a fait son métier. Devenu réalisateur numérique, le jeune Calédonien vit aujourd’hui à  Paris où, en tant qu’animateur 3D, il travaille sur un projet de long métrage pour un studio de films d’animation. Portrait.


Qui ne rêve pas de vivre de sa passion ? Yoan, lui, l’a fait ! A 24 ans, il est animateur 3D à Paris. Pour l’instant le jeune homme n’a pas l’intention de revenir sur le Caillou : Londres ou Montréal qu’importe… Il se dit ouvert à toutes propositions professionnelles. Son objectif : « Faire ses armes, rencontrer des gens et apprendre toujours plus sur ce métier. »

Pourtant, lorsqu’il décroche son bac S avec mention en 2010 au lycée du Grand Nouméa, il est pris de court. Le bac, c’est cool, mais après ? « La seule chose que je savais, c’est que je voulais faire quelque chose qui me plaisait », se souvient-il. En cherchant ce qui lui plaisait vraiment, il finit par trouver son orientation : « J’aime beaucoup dessiner et le cinéma !»  Alors, c’est décidé : ça sera des études de film d’animation !

Mais Yoan ne connaît rien à l’univers de l’animation, et plus particulièrement de la 3D. Certes, tout le monde a déjà vu au moins un film d’animation : Vice versa, L’âge de glace, Ratatouille, Là-haut, Vaiana… Mais qu’est-ce que l’animation 3D ? «  C’est une certaine manière d’insuffler la vie à un personnage imaginaire et c’est ce qui me plaît énormément. Cela va au-delà du simple fait de faire bouger quelque chose, il faut donner une âme, un but à cette chose, » confie Yoan.

 

Déjà primé !

Yoan passe le concours d’entrée de l’école Supinfocom (aujourd’hui MoPa). « Nous sommes formés pour être animateurs de film d’animation 3D. Il faut avoir de bonnes bases en dessin parce que la finalité, c’est de réaliser un film d’animation 3D entièrement par ordinateur. » Après deux premières années consacrées au perfectionnement du dessin, Yoan réalise enfin son premier vrai projet en 3e année. Pour ce très court métrage d’une minute, intitulé « Aliki », il choisit comme thème la Nouvelle-Calédonie. « J’avais envie de partager par le biais du film d’animation, la culture et l’art kanak, même si je ne suis pas kanak moi-même mais cela me tenait à cœur. C’est l’histoire de la relation de respect, d’admiration et de fierté entre un enfant kanak et son père. »

Yoan effectue sa quatrième année dans une grosse entreprise londonienne d’effets spéciaux, Framestore. « J’ai eu la chance de travailler sur des films comme Les animaux fantastiques et Les gardiens de la galaxie 2 ». Une expérience incroyable qui lui a permis d’en apprendre beaucoup sur le métier ! Les études d’animation coûtent chères, mais heureusement, le jeune Calédonien a obtenu la bourse d’enseignement artistique de la province Sud pour finir sa 5e année.

Et on ça en valait la peine : Hybrids, le court-métrage de fin d’étude qu’il a réalisé avec quatre autres étudiants, a remporté le prix du meilleur court-métrage d’animation, à Sitges en Espagne en octobre 2017. Un premier prix en festival qui lui permet même d’être présélectionné pour les Oscars 2019. « Nous allons essayer d’aller le plus loin possible ! »

Et si le retour au pays n’est pas pour tout de suite, Yoan compte bien revenir un jour dans le but de développer l’animation.

Aliki : https://vimeo.com/123964703

Trailer de Hybrids (le film entier n’est pas encore sur Internet) : https://vimeo.com/223520703

Remise du prix du mailleur court-métrage à Sitge en octobre 2017.