2018, c’est quoi pour toi ? [1/2]

2018, c’est l’année du référendum d’autodétermination pour la Nouvelle-Calédonie. Mais pour beaucoup de jeunes nés après les événements de 1984, ces mots demeurent flous et suscitent incertitude et questionnements. Pour essayer de comprendre la vision d’avenir des jeunes, Tazar a donné la parole à Aurélie Boula, membre de l’association d’étudiante Découvre ton Caillou.


Qui est Aurélie Boula ? Aurélie est actuellement ingénieur hydrologue en province Nord. Après son DEUST Géoscience mention Mines, Eau et Environnement à l’UNC, elle a décroché une licence professionnelle Géologie de l’Aménagement à Nantes, avant de passer son master Hydrogéologie, à Rennes. Aurélie est membre actif de l’association étudiante Découvre Ton Caillou, qui regroupe des étudiants de différentes filières (sciences, Eco-gestion, Histoire-Géographie, etc.) et de différentes ethnies. Son objectif est d’organiser des projets pour permettre à ses membres de mieux connaître le Caillou : sa culture, son patrimoine, son environnement, son économie, ses populations etc.

Pourquoi lui donner la parole ? Parce qu’Aurélie a été l’une des organisatrices des deux débats organisés cette année à l’UNC, sur le thème du Référendum, par l’association Découvre Ton Caillou. Il s’agit de savoir ce qui est ressorti de ces discussions et de mettre en exergue, à travers Aurélie, la parole des jeunes et leurs attentes.

Débat sur « 2018 pour les jeunes ? » le 27 avril 2017 à l’UNC.

Tazar : Quels étaient les sujets des débats organisés par l’association Découvre ton Caillou ?

Nous avons organisé deux soirées débats/échanges. La première s’intitulait « Les gros mots du référendum » et la seconde « 2018 pour les jeunes ? ». On voulait permettre aux étudiants, et plus largement aux jeunes, de s’intéresser aux questions institutionnelles du pays : référendum, sortie de l’Accord de Nouméa, etc. L’objectif est de pouvoir échanger sur ces sujets et d’apprendre davantage sur les idées défendues par chaque parti politique.

Pourquoi ces sujets ?

Le contexte politique calédonien est très complexe pour les non-initiés. Et pour les jeunes, cela est un vrai fouillis… Malheureusement, c’est notre histoire qui est en train de s’écrire, et on trouvait dommage que les jeunes se résignent à ne pas être acteurs de ce qui est en train de s’écrire, à ne pas faire entendre leur voix sur LEUR AVENIR.

Comment l’idée des débats a-t-elle émergé ?

Car on s’est rendu compte que beaucoup d’étudiants, excepté ceux en Droit, méconnaissaient les institutions locales et toutes les questions autour du référendum en général. Moi la première !

Comment se sont déroulés les débats ?

Tout d’abord, il s’agissait de présenter « simplement » les grandes lignes de l’Accord de Nouméa et son contexte. Toutes les questions même « bêtes » ont été posées. Puis, on a enchaîné deux jours plus tard avec un autre débat avec des jeunes engagés en politique lors de la soirée « 2018 pour les jeunes ? » L’objectif était que chaque jeune puisse mettre des étiquettes sur les partis politiques, les idées, les positions…

Avez-vous été éclairés par l’intervention des jeunes engagés en politique ?

Nous avons été déçus. D’abord par l’absence de certains partis politiques, et ensuite par le débat d’idées « clichées » qui s’est installé entre les invités. Beaucoup d’étudiants sont repartis dégoutés de la teneur du débat. C’est vraiment dommage ! Même si cela a quand même permis aux étudiants de s’exprimer sur des sujets pas toujours faciles et confortables à aborder, mais aussi sur leurs convictions et leurs appréhensions.

Qu’est ce qui est ressorti des débats ?

La première soirée a mis en exergue le besoin des jeunes de comprendre « simplement » l’Accord de Nouméa », la loi organique, le référendum… Car ces mots font peur ! Concernant le débat avec les jeunes engagés en politique, peut-être qu’il faudrait multiplier les tables rondes en privilégiant des têtes peu connues, pour décomplexer et faciliter les échanges entre « jeunes ».

Suite de l’interview la semaine prochaine !