Etre jeune à… Saint-Louis : Pour Rodrigue, connaître son histoire, c’est changer de regard

Comme tous les jeunes de sa tribu, Rodrigue Paroro s’est beaucoup investi dans l’organisation du week-end portes ouvertes, à Saint-Louis les 26 et 27 août, pour le  Mois du Patrimoine. Son rêve : changer l’image de la tribu, écornée par tant d’événements qui ont fait l’actualité ces dernières années. Mais en cherchant à comprendre l’histoire de sa tribu, c’est une part de lui-même qu’il a trouvée…


Les jeunes de Saint-Louis en ont assez d’être « montrés du doigt » et souhaitent changer l’image de leur tribu. Pour cela, ils se sont donnés beaucoup de mal. Profitant du Mois du Patrimoine, regroupés autour d’associations, ils ont porté à bras le corps le projet du weekend portes-ouvertes. Rodrigue Paroro fait partie de l’association William. Plus d’un mois avant le fameux week-end, Rodrigue a aidé au montage de l’exposition de sculptures. « Tous les jeunes de la tribu de 13 à 28 ans ont mis la main à la pâte pour l’organisation de cet événement, » raconte-t-il fièrement. Que cela soit pour les animations durant les deux jours, les visites guidées, la logistique… On a tout géré avec le soutien de la mairie du Mont-Dore. »

Peu de temps après l’ouverture, samedi 26 août, la Mission de Saint-Louis a très vite été envahie par un essaim de visiteurs. A pieds ou à vélos, ils veulent tout voir, tout visiter à Saint-Louis ! Les organisateurs sont au four et au moulin pour gérer cette affluence soudaine. Car il a fallu se rendre à l’évidence : Saint-Louis est victime de son succès. Ce qui n’est pas pour déplaire aux organisateurs qui, sourire aux lèvres, accueillent les visiteurs. De mémoire des habitants, Saint-Louis a rarement été pris d’assaut comme ce jour-là.

Jean-Michel Moekia a travaillé sur l’atelier sculpture pour la journée portes ouvertes à Saint-Louis.

« Valoriser notre histoire et notre savoir-faire »

Pour préparer cette journée, Rodrigue s’est rendu aux archives municipales et au Centre Culturel Tjibaou. « Pour monter l’exposition sur Saint-Louis, nous avons fait des recherches. Et j’ai appris des tas de choses que j’ignorais sur l’histoire de la tribu. Il y avait ici une activité incroyable !  Tout d’abord avec la venue de la Mission catholique qui a beaucoup œuvré pour le développement de la tribu. Ensuite, il y a eu la mine, la rizière, la rhumerie, puis l’école des filles et celle des garçons qui étaient très réputées. »

Cette activité florissante faisait de Saint-Louis, un point d’où convergeaient les populations de toute la Nouvelle-Calédonie en recherche de travail ou de formation. « C’était le destin commun avant l’heure », souligne le jeune homme. C’est cet esprit qu’il souhaiterait voir à nouveau fleurir au sein de la tribu. Un vœu qui va de pair avec l’idée de changer l’image de Saint-Louis. En apprenant davantage sur l’histoire de sa tribu, Rodrigue prend conscience de son immense richesse. « On veut montrer aux gens que les jeunes de Saint-Louis sont capables de faire de bonnes choses, mais aussi valoriser notre patrimoine et notre savoir-faire artisanal ! »

L’exposition de l’histoire de Saint-Louis réalisée par les jeunes de la tribu.