Prends la parole l Bernadette joue la carte du réseau relationnel

En cherchant une activité qui lie à la fois son goût pour les relations humaines et le besoin de se rendre utile, Bernadette Cimoa s’est engagée dans le service civique pour aider les jeunes à prendre la parole. L’ambassadrice de « Prends la parole » a sa propre technique : l’entretien individuel, pour mettre en confiance.


Tous les mercredis, Bernadette Cimoa, 23 ans, tient une permanence à l’antenne de la MIJ, à Boulari. C’est là qu’elle rencontre des jeunes qui viennent pour s’informer, écrire un CV ou trouver du travail. C’est ainsi qu’elle opère : rencontrer des personnes individuellement et parler du dispositif « Prends la parole ». Habitante de la tribu de Saint-Louis, sa zone d’intervention s’étend du Mont-Dore à Yaté.

Après son bac Communication et Gestion des Ressources humaines, la jeune femme poursuit en BTS Négociation et Relation Client. Puis, elle se lance dans la vie active et travaille notamment dans un supermarché. Mais Bernadette sait que ce dont elle a besoin c’est d’un travail qui mette l’accent sur les relations. C’est pourquoi, elle n’hésite pas lorsqu’elle voit une annonce de la MIJ pour le service civique. « Mon travail au supermarché est essentiellement alimentaire, alors que ce qui me plaît vraiment, c’est d’être en contact avec les jeunes, »  explique-t-elle.

Pour sa mission « Prends la parole », Bernadette a commencé par interroger les personnes de son entourage : famille, amis et puis amis des amis… Elle procède toujours par entretien individuel. « J’aborde plusieurs thématiques : emploi, culture, vivre-ensemble, politique, jeunesse, délinquance, environnement, sexualité mais j’adapte en fonction de la personne. Par exemple, beaucoup ne veulent pas parler de sexualité. »

« A Saint-Louis, les jeunes en ont assez d’être victimes de préjugés »

Elle a ainsi recueilli la parole de plus d’une centaine de jeunes. « J’ai commencé par la tribu de Saint-Louis, vu que j’y habite. Ma démarche est bien perçue et les jeunes me font souvent la réflexion que pour une fois on leur demande leur avis, car ils ne se sentent pas assez écoutés ! » Ce qui ressort de ces échanges, c’est que les jeunes aimeraient avant tout qu’on cesse de les stigmatiser. «  A Saint-Louis, on trouve regrettable que l’opinion publique ait des préjugés sur les jeunes. Tous ne font pas des conneries. Certains font des études ou suivent des formations, d’autres travaillent et se débrouillent, et c’est ça qu’ils veulent montrer.»

Pour aller à la rencontre d’autres jeunes, Bernadette va désormais se tourner vers les établissements secondaires, les vides-greniers, les matchs de foot et les événements qui se déroulent au Mont-Dore. Même si elle souhaiterait qu’il y ait un lieu où tous les jeunes puissent se retrouver et partager des activités. « Les opérations comme Nouméa Plage marchent bien, mais il faudrait qu’il y en ait plus dans l’année. Cela permet de sortir de chez soi et d’être tous ensemble plutôt que seul devant son ordi ou sa tablette ! »