« Je ne sais pas ce qui m’a pris » : savoir décoder la violence

Parfois dans un couple, tout n’est pas forcement  rose… S’il est normal de ne pas être toujours d’accord et d’avoir quelques accrochages, il faut par contre commencer à se poser des questions dès l’or que la violence (physique ou psychologique) fait son entrée.

Unhappy depressed teenager with face in hands sitting outdoor

Une dispute un peu plus forte que les autres, des insultes qui fusent, un coup qui part… « je ne sais pas ce qui m’a pris » 1 fois, 2 fois, 3 fois… Et puis souvent ça se banalise et ça s’empire, le cercle vicieux de la violence conjugale s’installe sans que l’on ne s’en rende vraiment compte. Dans un premier temps on a tendance à accepter, à se taire et ce ne sont pas les justifications qui manquent « je l’aime », « il/elle va bien finir par changer », « je vais me retrouver seul (e) », « qu’est-ce qu’on va penser de moi »… Le problème c’est qu’il est très rare que le cercle de la violence s’arrête de lui-même. « Il est primordial d’en parler, peu importe avec qui, un proche, un professionnel, un prof… parce que quelqu’un qui se tait c’est quelqu’un qui s’efface. Que l’on ait 15, 25 ou 40 ans, la plus grosse problématique de la violence est le silence » affirme Denis Bréant, responsable du « Relais », le Service du Traitement des Violences Conjugales et/ou Intrafamiliales de la province Sud.

« Tu comptes autant que je compte »

Une relation amoureuse c’est avant tout du respect, c’est-à-dire donner à l’autre le même intérêt que l’on se pviolence-photo-2orte à soi-même.  « Il faut bien comprendre qu’aller porter plainte, c’est d’abord agir pour soi et pas contre l’autre » continue Denis Bréant « c’est s’affirmer et montrer à l’autre qu’il n’est pas tout puissant ». Et en général, en plus d’aider la personne violentée à sortir de son statut de victime pour aller de l’avant, cela permet une prise de conscience de l’auteur. Il peut ainsi essayer de comprendre d’où vient sa colère, qu’est ce qui le fait sortir de ses gonds. Le but n’est pas de se trouver une  excuse bien sûr mais d’apprendre à maîtriser sa violence pour sauver son couple avant qu‘il ne soit trop tard. « Il faut savoir aussi que l’on est jamais à l’abri parce que c’est souvent la relation qui crée la violence » prévient Denis Bréant « quelqu’un qui n’a jamais été violent peut le devenir suite à quelque chose qui réveille en lui une douleur mal maîtrisée ». Alors restons vigilants !

Une violence sexiste, c‘est quoi ?

violence-encadreS’il existe beaucoup de types de violences, il en existe une particulièrement destructrice et souvent en cause dans les bagarres de couples : la violence sexiste. Il s’agit d’une violence dirigée vers une personne compte tenu de son sexe ou de sa sexualité. C’est souvent l’expression d’une volonté de pouvoir, d’asservissement et de soumission qui malheureusement touche bien plus les filles que les garçons. « Les préjugés, l’éducation amènent parfois les hommes à vouloir dominer, s’imposer souvent à un moment où ils ont l’impression qu’ils vont  perdre leur place, devant une menace de rupture par exemple » explique Denis Bréant. À cela deux réflexes à avoir : parler et porter plainte.