Le rap calédonien pèse dans l’game !

La scène rap calédonienne est en plein essor avec la montée d’artistes comme Nasty & Reza, Chavi et Hybrid Family… Ou encore le jeune Solo qui comptabilise plus 35 000 vus sur Youtube avec son titre « Dans le Bendo ». Dans les coulisses, le collectif Dix vers cités œuvre pour promouvoir le rap et créer des connexions entre artistes. Rencontre avec Pablö, l’un des fondateurs de l’association.


La culture hip-hop est bien ancrée en Nouvelle-Calédonie et les événements tels que la Quinzaine du Hip Hop contribuent au rayonnement du mouvement. Lors de ces manifestations, la danse, le graff, le beatbox, ou encore le DJing sont mis en avant. Mais qu’en est-il du rap ? Il existe un mouvement rap calédonien, moins connu, plus revendicatif, avec des textes qui clament le malaise et le mal-être de la société.

Pour nous parler du rap calédonien, Tazar a rencontré Pablö, l’un des fondateurs de l’association Dix vers cités. Et bonne nouvelle : rap is not dead ! Et même mieux, il se porte bien ! « Nous sommes dans une nouvelle ère du rap calédonien avec des jeunes qui émergent, » assure Pablö. Mais pour comprendre ce cheminement il faut revenir en 2013. Eh oui, le mouvement rap a pour ainsi dire vraiment décollé depuis 4 ans ! Une poignée de rappeurs dont Pablö, Rasta Vin’s, Kuby ou encore Chavi organisaient des soirées rap à l’Anse Vata et des open mic dans quelques bars de la place. « A l’époque, il y avait une émission de rap sur radio Océane intitulée Free Style. Il y avait une émulation et l’envie de poursuivre le mouvement. Alors, on a décidé de se rencontrer ponctuellement pour partager notre passion. » Très vite, d’autres rappeurs les rejoignent. Ensemble, ils forment le collectif Ina Dl Street et dans la foulée l’association Dix vers cités. « L’idée est de se rencontrer, de se fédérer pour créer la connexion entre rappeurs du pays, » souligne Pablö.

Promouvoir le rap calédonien

Dès 2014, Dix vers cités organise son premier événement lors de la Quinzaine du Hip Hop, « Mix en Bouche », et fait venir pour l’occasion Joos, le champion de beatbox France 2009. Les années suivantes, c’est au tour de Dj Djel, k-Méléon, Demi Portion et Kenyon d’être les invités de cet événement qui met à l’honneur le rap, le slam et le beatbox.

Mais pour promouvoir et faire connaître le rap, le collectif sollicite une subvention du Gouvernement pour mettre en place, au Rex, un studio d’enregistrement dédié à l’initiation à la Musique Assistée par Ordinateur (MAO), avec aux manettes Rasta Vin’s. « Les ateliers d’initiation à la MAO cartonnent au Rex !»

Trois CD ont été enregistrés dans ce studio. « On a sorti cette année le Mixtape Inadirex #3 avec des artistes comme ALS, Fayss ou Babou. » Et de la danse hip-hop au rap, il n’y a… qu’un pas. Certains bboys comme Solo d’UBC se sont lancés dans le rap avec un succès prometteur. « Aujourd’hui, les jeunes rappeurs émergent, comme Solo dont le titre ‘’Dans le Bendo’’ comptabilise plus 30 000 vues sur youtube, ce qui est énorme pour la Calédonie ! Mais il y a aussi Lenimirc et Hybrid Family. »

Le rap calédonien compte des artistes créatifs aux textes qui collent au pays comme par exemple « Désaccords communs » de Nasty & Reza. « Comme le slam, le rap, par l’écriture, constitue un échappatoire, une thérapie, souligne Pablö. Et il ne faut pas sous-estimer le hip-hop en tant qu’expression artistique dans la construction du vivre-ensemble grâce aux valeurs qu’il véhicule! »

 

Photo : Gédéon Richard