« Montrer la beauté du monde »

Jonathan, son truc, c’est la photo. À seulement 19 ans, le jeune Nouméen a déjà décroché plusieurs prix internationaux pour ses clichés animaliers, monté une expo et fait partie du jury du Festival de l’Image sous-marine en mai dernier. Tazar est allé le rencontrer pour toi, parce que la photo c’est kalolo !


Souriant et décontracté, Jonathan revient sur son parcours avec un plaisir non dissimulé. Le jeune homme, né en Métropole, est parti à l’âge de 15 jours en Polynésie, puis a vécu de 3 à 12 ans à Nouméa. À la veille de son entrée en 4ème, ses parents décident de prendre le large sur leur catamaran de 13 mètres et c’est une nouvelle vie qui s’offre à lui.

Entre l’école par correspondance, la découverte de nouvelles contrées et la navigation, Jonathan se découvre une passion : la photo. « On voyait tellement de choses, j’étais tellement émerveillé que c’est venu à moi comme une évidence, confie-t-il. En Malaisie, je me suis mis à fabriquer des madeleines que je vendais pour me payer un appareil de qualité ».

Passionné de photo animalière

Et pour tout ce qui est technique photo et utilisation de l’appareil, Jonathan a un allié de taille : Internet. « Au départ je regardais les sites de photos animalières et j’ai découvert les forum de discussion entre passionnés. Là, j’ai communiqué avec des gens qui m’ont aidés, soutenus, motivés… c’est clairement grâce à eux si j’en suis là ! »,  se souvient-il. Même chose pour les appareils photo : des heures de lecture de notice en autodidacte pour comprendre comment marche la machine. « Aujourd’hui, j’ai investi dans un drone pour me frotter à l’aérien, et c’est le top du top ! Ça ouvre un champ de possibles incroyable ! ».

Patience, patience…    

   

La recette d’une bonne photo ? Du temps et de la patience. « J’ai pu rester des heures avec les mêmes animaux au même endroit !, reconnaît Jonathan. Par exemple, pour la photo avec les ibis rouges du Brésil qui m’a fait gagner le prix 15-17 ans de la BBC, j’ai passé 5 jours à étudier le comportement des oiseaux, je savais à quelles heures ils passaient devant la dune…et ça a payé ! C’est très émouvant de prendre un animal en photo, tu dois le trouver, puis l’approcher…».

 

Et pour la suite ?

Jonathan a des projets plein la tête, mais avec une ligne de conduite : le voyage et la photo. «Maintenant que j’y ai goûté, je ne peux plus m’en passer et pour moi l’un ne va pas sans l’autre ! Dans 1 an, je suis parti, c’est sûr ! », confie-t-il dans un éclat de rire. Mais d’ici là, le jeune photographe aimerait continuer à exposer en Calédonie, après le succès de sa première expo  « Autour d’un monde sauvage », en février dernier à la galerie La belle Image au Quartier Latin. « La photo est une passion personnelle, c’est sûr, mais c’est aussi un vrai partage, une manière de montrer aux gens la beauté du monde ».