180 secondes pour pitcher sa thèse

Imaginez un doctorant trainant ses années de thèse et l’ensemble de ses publications s’adonner à l’exercice du pitch, cher aux stratupers. C’est le défi que propose le concours annuel « Ma thèse en 180 secondes ». Auquel participe l’UNC. (photo Marceau Goulon)


Faire sortir la thèse du bon vieux labo

L’amphi 400 de l’UNC accueille un match d’impro d’un nouveau genre. Sur le ring, 4 challengers pas banals : Alexandre Bourles, Elodie Calvez, Charlotte Carré et Subama Mapou. Devant eux, un jury d’experts en communication et en médiation. Et de la médiation, il en faudra. Les critères sont les suivants : l’éloquence, la capacité à vulgariser, sans oublier le coup de cœur. Des compétences qui leur seront utiles pour faire (mieux) vivre leurs travaux en dehors des murs du laboratoire. Le stress est à son paroxysme. Allez ! Yves Letourneur, le directeur de l’école doctorale himself active la clepsydre. Décompte.

Hein ?!

«Bactéries à activités PGPR et champignons mycorhizes à arbuscule de maquis minier de la NC ». Voici (une partie) du titre de la thèse d’Alexandre Bourles. Oui, c’est d’une limpidité déconcertante. A la rédac’ de Tazar, on est sympa, on vous épargne le reste de l’intitulé.

Quand les bactéries deviennent des « superhéros »

Alexandre est un rigolo. Il a misé sur l’humour pour faire comprendre, en trois minutes et avec l’aide d’une (seule) slide figée, l’objet de minimum trois ans de recherche. Obnubilé par les paysages miniers du sud calédonien, il s’intéresse aux bactéries qui, dans cette terre rouge, viennent s’installer sur les racines de plantes endémiques. Des bactéries « superhéros » qui accélèrent la croissance des plantes. A la fin, standing ovation pour Alexandre.

Prix du public & prix du jury

Ils étaient trois autres brillants thésards à s’affronter à base de punchlines bien balancées. «Tous les participants ont recueilli des voix », annonce Yves Letourneur, « nous sommes donc bien dans un processus électoral » poursuit-il. Carton plein tout de même pour Alexandre, qui à 25 ans, remporte le prix du jury et celui du public. Prochaine étape : l’étudiant victorieux représentera la Nouvelle-Calédonie dans la battle nationale qui aura lieu en juin à Paris. Stay tuned.

Julia Sowarto finaliste « MT180 » 2016 pour l’UNC